« Pourquoi le gouvernement a-t-il fait marche arrière concernant l’interdiction d’importer certains produits chinois ? » Telle est la question que se pose le président de l’Association for the Protection of the Environment and Consumers (APEC), Suttyhudeo Tengur.

Dans un communiqué, il se demande si les produits alimentaires chinois sont sécurisés quant à la santé humaine.

Suttyhudeo Tengur dit accueillir favorablement la « promptitude » avec laquelle le gouvernement a mis en place les protocoles préconisés par l’OMS dans le sillage du coronavirus, approche grâce à laquelle, dit-il, le pays est encore à l’abri de ce virus.

Il ajoute qu’il y a toutefois « certaines mesures prises par le gouvernement qui laissent pantois et qui risquent de mettre en péril la sécurité sanitaire de la population ».

Il dénonce le fait qu’un communiqué conjoint du ministère de l’Agro-industrie et de celui de l’Économie bleue, datant du 7 février, ait semé « la confusion ».

Alors que ce même communiqué mentionne que le Premier ministre avait présidé des réunions d’urgence le 31 janvier et le 2 février derniers à l’issue desquelles certaines mesures avaient été prises, un autre comité technique s’est réuni par la suite pour étudier ces mesures.

Suttyhudeo Tengur déplore de même le fait que, dans un communiqué du 3 février, mention est faite que « the Technical Committee monitored the situation with the collaboration of all stakeholders including foreign counterparts ».

Avant d’ajouter : « Qui sont ces “foreign counterparts” ? Est-ce les représentants de l’ambassade de Chine qui ont fait forte pression pour apporter un changement de taille dans les importations des “associated products” ? Une chose est certaine : on ne change pas une décision prise par un comité premier ministériel à la légère. »

En fin de compte, rappelle-t-il, le gouvernement a « fait marche arrière pour bannir uniquement les animaux sur pattes et le poisson ».

Il interroge encore : « Les produits alimentaires chinois importés de certaines provinces de Chine sont-ils à l’abri des maladies ou autres virus ? Il ne faut pas oublier que la note d’importation des produits chinois, dont la majeure partie constitue des aliments pour consommation courante, s’élève à quelque Rs 34 milliards. Mais alors, la santé publique n’a-t-elle pas un prix ? »

Selon Suttyhudeo Tengur, « il est dans l’intérêt du gouvernement de rassurer le public mauricien quant à la qualité des produits chinois, surtout en ce qu’il s’agit de la sécurité sanitaire ». Il ne suffit pas uniquement, dit-il, d’appliquer à la lettre les protocoles de l’OMS. « Encore faudra-t-il veiller à ce que le coronavirus ne fasse pas son entrée par d’autres voies », dit-il.