Le coronavirus qui a déjà fait plus de 3000 morts dans le monde, peut-il menacer les Jeux olympiques de Tokyo, à moins de cinq mois de la cérémonie d’ouverture ? La question qui agite le monde sportif sera au centre d’une réunion du Comité international olympique(CIO) mardi et mercredi à Lausanne.

Le président de l’instance, Thomas Bach, s’est certes voulu rassurant en déclarant vendredi que « le CIO est totalement déterminé à la tenue de JO couronnés de succès à Tokyo à partir du 24 juillet » et jusqu’au 9 août.

« La priorité du moment, a-t-il ajouté, est de s’assurer que les processus de qualification (pour les JO) se déroulent, tout en s’assurant que la protection de la santé des sportifs soit assurée ».

Un autre membre éminent du CIO, le Canadien Dick Pound, avait indiqué plus tôt à l’AFP que le CIO n’envisagerait pas de reporter ou d’annuler les JO de Tokyo tant qu’il n’aurait pas été invité à le faire par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Sans donner de calendrier précis sur la prise d’une décision finale, le doyen du cénacle olympique avait ajouté que « à un moment donné, que ce soit deux mois ou un mois en amont, quelqu’un devra trancher ».

De fait, sportifs comme fédérations internationales s’interrogent. De nombreuses épreuves qualificatives prévues en Chine, foyer initial du virus ou dans d’autres pays particulièrement touchés, comme la Corée du Sud, ont été annulées ou délocalisées.

« Test-events » à Tokyo à huis clos ?

D’autres épreuves doivent également se tenir au Japon avant les JO, et sont d’ores et déjà menacées, comme des « test-events » de natation, de water-polo ou de plongeon organisés sous l’égide de la Fédération internationale de natation (Fina). Des tests de gymnastique artistique et ryhtmique, organisées avec la Fédération internationale de gymanstique (FIG) sont également prévus du 4 au 6 avril et pourraient, selon la FIG, se dérouler à huis clos.

« Beaucoup de fédérations sont dans le flou », confie un responsable d’une fédération internationale, préférant conserver l’anonymat. « Nous avons reçu des informations du CIO concernant l’aspect sanitaire mais pas sur l’aspect sportif », alors que de nombreux tournois qualificatifs doivent encore se dérouler, dans des pays où les sportifs chinois sont d’office placés en quarantaine.

« Les comités nationaux olympiques comme les fédérations internationales ont été informées de la position du CIO et de notre communication vers les médias », a pourtant indiqué à l’AFP un porte-parole du CIO.

Face aux inquiétudes et aux incertitudes grandissantes, chaque déclaration de M. Bach durant les deux jours de réunion du gouvernement olympique sera donc très attendue.

La question devrait également être au centre du rapport que dresseront mercredi par visioconférence le Comité d’organisation des JO de Tokyo et le président de la Commission de coordination, l’Australien John Coates.

Jusqu’alors, ni les boycotts (en 1980 à Moscou et 1984 à Los Angeles), ni les virus Sras (en 2003) ou zika (avant les JO de Rio-2016) n’ont eu raison du rendez-vous quadriennal. Seules les guerres mondiales ont entraîné l’annulation des JO prévus en 1916 à Berlin ou en 1940 à Sapporo (hiver) et Tokyo (été), et 1944 à Cortina d’Ampezzo (hiver) et Londres (été).

Les JO de Paris-2024 figurent aussi au programme de la réunion qui s’achèvera mercredi soir par une conférence de presse de M. Bach.

Mardi après-midi, Tony Estanguet, président du Comité d’organisation de Paris-2024, livrera une nouvelle présentation du choix des sites avant la validation « formelle » du site de Tahiti pour les épreuves de surf.