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Protocole de surveillance renforcé concernant les voyageurs venant de Chine

Aucun cas avéré à ce stade

Dans une déclaration à l’issue de la lecture du discours-programme vendredi, le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, a fait ressortir que « symptômes ou pas, toute personne venant de Wuhan sera placée en quarantaine par mesure de précaution. » Jusqu’à présent, il n’y a personne qui souffre de cette maladie à Maurice, garantit le ministre, précisant dans le sillage que tout est actuellement sous contrôle et que les dispositions sont prises à l’aéroport.

Si les analyses effectuées sur ces passagers n’ont pour l’heure rien révélé d’alarmant, le ministère de la Santé indique qu’il faut attendre la fin de la période d’incubation du virus — 14 jours — pour les relaxer. Jeudi dernier, suivant le protocole de vigilance mis en place à l’aéroport, les officiers de la santé ont intercepté un couple et leur enfant à la descente de l’avion en provenance de Dubaï, via Emirates Airlines. S’ils ne présentaient aucun symptôme particulier de fièvre, ils sont issus de Wuhan, le foyer originel du coronavirus. Ils ont immédiatement été dirigés à l’hôpital de Souillac en quarantaine. Cinq autres touristes chinois, dont deux issus de Beijing, ont également été placés en quarantaine. Les échantillons prélevés sur ces huit cas suspects ont été envoyés en Allemagne, avec la collaboration de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour des analyses plus poussées.

En marge d’une politique de transparence, l’ambassade de Chine à Maurice a émis un communiqué en fin de semaine expliquant que trois touristes arrivant de Hong Kong ont atterri le 21 janvier. Après des tests de température à l’aéroport, aucune anomalie n’a été détectée. Cependant, du fait que ces touristes sont issus de la zone épidémique, ils ont été placés immédiatement en quarantaine en observation médicale, précise-t-elle. Et d’expliquer également que deux membres d’une troupe chinoise qui devaient participer aux festivités du Nouvel An chinois, arrivés à Maurice après une escale au Ghana et présentant des symptômes de fièvre et de fatigue, ont aussi été placés en observation. Des analyses sanguines ont également été effectuées sur les autres membres de la troupe et tous sont dans un état physique normal et demeurent sous étroite surveillance médicale à l’hôtel, rassure l’ambassade de Chine.

Cependant, le ministère de la Santé ne veut prendre aucun risque. Raison pour laquelle tous les passagers en provenance de la ville de Wuhan, ou qui ont visité d’autres régions de cette province récemment, indépendamment de leur nationalité, seront immédiatement mis en quarantaine à l’hôpital de Souillac. Le personnel hospitalier (médecins, spécialistes, infirmiers, laborantins et autres officiers) rattaché à la salle d’isolement à Souillac ont reçu une formation adéquate et dispose d’équipements nécessaires pour éviter la propagation de la maladie, avance le Dr Vasantrao Gujadhur, Director of Health Services au ministère de la Santé. Le ministère de la Santé dit suivre la situation de près, et les hôpitaux et cliniques du pays sont aussi sur le qui-vive.

Avertissement du président Xi Jinping, Europe et Australie touchées 

Le président chinois Xi Jinping a averti samedi que la Chine faisait face à une situation “grave” car l’épidémie de pneumonie virale qui y a contaminé environ 1.300 personnes et fait 41 morts “s’accélère”, atteignant l’Europe et l’Australie, malgré le renforcement des mesures prises pour tenter d’enrayer sa propagation.

A compter de lundi, les agences de voyages chinoises ne pourront plus vendre de réservations d’hôtels ni de séjours à des groupes, a annoncé la chaîne de télévision CCTV.

“Face à la situation grave d’une épidémie qui s’accélère (…) il est nécessaire de renforcer la direction centralisée et unifiée du Comité central du Parti”, a déclaré le président Xi Jinping au cours d’une réunion du comité permanent du Bureau politique du Parti communiste, l’instance de sept membres qui dirige la Chine.Et d’ajouter que son pays pouvait “remporter la bataille”.

Hôpitaux débordés

Les trains et les avions n’ont en principe plus le droit de quitter Wuhan depuis jeudi. Les pays occidentaux se mobilisent afin d’organiser dans les prochains jours l’évacuation de leurs ressortissants.

L’armée a envoyé dans la zone interdite trois avions d’où ont débarqué vendredi soir 450 médecins militaires et autres membres du personnel médical.

Certains d’entre eux ont l’expérience de la lutte contre Ebola et le Sras, une souche similaire au nouveau coronavirus, qui avait entraîné la mort de 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong entre 2002 et 2003.

Les hôpitaux étant débordés, la construction ultra-rapide d’un deuxième site devant accueillir plus de mille lits a commencé à Wuhan. Elle doit être achevée… sous quinzaine, selon les médias publics.Tous les décès sauf deux ont été enregistrés dans cette cité ou ailleurs au Hubei.

Rues mortes

Sur le reste du territoire chinois, les autorités ont annoncé la mise en place de mesures de dépistage.

A Pékin notamment, les festivités du Nouvel An étaient annulées. La capitale semblait déserte et ses restaurants étaient pratiquement vides. De nombreux sites touristiques très courus, comme la Cité interdite, et des sections de la Grande muraille, ou le Disneyland de Shanghai ont été fermés afin de réduire les risques de contagion.

La Chine est entrée dans l’année du Rat sous le signe du coronavirus.

Pas de pétards, ni de danses du dragon. Pour le jour de l’An, les rues de Wuhan sont comme mortes, les rares passants se couvrant le visage avec un masque de protection dont le port est obligatoire, comme l’a constaté une équipe de l’AFP.

La France a pour sa part annoncé vendredi soir trois cas de contamination confirmés, présentés comme les premiers en Europe, l’Australie faisant état samedi de quatre malades, des personnes récemment rentrées de Chine.

Une demi-douzaine de pays d’Asie sont désormais touchés et un deuxième cas a été confirmé aux Etats-Unis.

L’étude des premiers cas tend toutefois à montrer que le taux de mortalité de ce virus baptisé 2019-nCoV, de la famille des coronavirus, est assez faible.

Trump félicite Pékin

Un deuxième cas a été confirmé aux Etats-Unis, où le président Donald Trump a loué les mesures prises par Pékin qui “travaille très dur” pour tenter de limiter la propagation du coronavirus, se disant convaincu que tout allait “bien se passer”.

Au moment de l’épidémie de Sras au début des années 2000, la Chine avait au contraire été montrée du doigt, y compris par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour avoir caché les premiers cas, ce qui n’avait fait qu’aggraver la crise.

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