Comme annoncé le mois dernier, la Union of Employees of the Central Water Authority (UECWA) et la Central Water Authority Meter Readers Union (CWAMRU) manifesteront vendredi à 16 heures devant le quartier général de la CWA pendant que siégera le Conseil d’administration. Les deux syndicats n’ont eu de cesse depuis plusieurs mois de réclamer la révocation de la majorité membres du board, jugés « incompétents ». Ils seront rejoints dans leur mouvement par des membres de la Federation of Progressive Union (FPU) à laquelle ils sont affiliés.
Le président de la FPU Giandev Beeharry a dénoncé hier lors d’une conférence de presse la politisation outrancière des corps para-étatiques, dont la CWA, par la nomination de « petits copains » et autres « bailleurs de fonds de campagnes électorales » qui « pourrissent la bon fonctionnement de ces organismes ». « CWA li an kriz. Minis Beebeejaun limem ti rekonet dan parlman so insatisfaksion de la CWA. Me ki sanzman finn ena ? »
Pourtant, rappelle Giandev Beeharry, trois ministères sont concernés par la situation chaotique qui prévaut à la CWA, soit ceux des Finances, des Infrastructures publiques et du Travail, dont les représentants siègent au conseil d’administration. Il dit leur donner un certificat d’incompétence car aucune amélioration n’aurait été apportée à la gestion. Alors que les tarifs d’eau ont augmenté de 35 %, il s’est demandé : « Kot investisman ? »
Une dernière tentative de dialogue par le biais d’une correspondance adressée à la présidente de la République par intérim Monique Ohsan Bellepeau le 18 avril, réclamant son intervention, est restée lettre morte. En l’absence de toute action corrective, le bloc syndical manifestera son rejet de la présente constitution du Board.
Le négociateur de la FPU, Venoo Ramasamy, prévient pour sa part contre toute tentative de privatisation des corps para-étatiques en crise, précisant qu’il y a une tendance à un retour au capitalisme dans le secteur des services de base à la population. Citant les secteurs en grande difficulté (le CEB, le port, la CWA) soit « partou kot ena politik ti-kopin », il souligne la longue lutte syndicale pour que ces services clés, autrefois gérés par le privé, passent dans le domaine parapublic pour le bénéfice des travailleurs et de toute la population. « Zordi pe ena presion FMI ek Banque mondiale pou privatiz sa bann sekter la. Me li pa kestion ki nou permet sa ! » Venoo Ramasamy annonce aussi un grand rassemblement de la classe syndicale le samedi 14 juillet devant le Plaza à Rose-Hill pour dénoncer la situation « catastrophique » de la majorité des corps parapublics et visant à engager une réflexion profonde sur les conséquences néfastes, sur l’économie, de la culture de politisation et de récompense pour soutien électoral.
Iswaduth Guness, président de la UECWA, a tenu à rappeler au ministre de tutelle Rashid Beebeejaun son engagement pris au Parlement le 22 novembre 2011 de remédier à la situation à la CWA. « Depuis, sept mois se sont écoulés… en vain ! » Il dit espérer un sursaut « d’amour-propre des membres du board » concernés par la réclamation de révocation, comptant sur leur éventuelle démission.
Lors de sa manifestation vendredi, la FPU et le bloc syndical UECWA/CWAMRU protesteront contre les irrégularités, manques de transparence et abus allégués à la CWA. Parmi, « la multiplication de comités et sous-comités qui permettent à certains membres de bénéficier de généreuses allocations et la relation incestueuse qui existe entre le board et le management ».