Après le coup de balai général à la tête des corps para-étatiques éliminant les nominés politiques du précédent gouvernement, l’Alliance Lepep semble avoir adopté comme politique des contrats de trois ans pour les nouveaux Chief Executive Officers. C’est ce qui ressort des appels de candidatures lancés officiellement depuis la semaine écoulée pour remplir les postes laissés vacants, même si le flou persiste quant à la succession d’Anil Kumar Ujodah à la tête de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC). Au cours de cette première semaine de janvier, des derniers nominés politiques de l’ère travailliste ont reçu leurs marching orders, même si du côté de Mauritius Telecom le cas de Sarat Lallah en tant que CEO suscite encore des interrogations.
Les premiers avis pour des appels de candidatures à des postes de Chief Executive à la tête des organismes para-publics ont été publiés dans la presse locale, invitant des candidats qualifiés pour assumer ces fonctions à postuler. Invariablement, à l’item des « terms of employment and salary », mention est faite que “appointment shall be on a 3-year contract basis, renewable subject to performance, and the remuneration package shall be negotiable and include the provisions of a company car and other fringe benefits”.
Cette condition quant à la durée initiale du contrat s’applique dans tous les cas annoncés par voie de presse, sauf pour le poste de directeur général de la MBC. Le contrat de Pritam Bissessur à la tête de la Maison de la Radio et de la Télévision est d’une durée d’une année, le Conseil des ministres prenant le soin de souligner officiellement que la clause de conscience avec une prime de Rs 5 millions dans le contrat du précédent patron de la MBC, Dan Callikan, a été éliminée.
À ce stade, les appels de candidatures lancés par le gouvernement concernent le recrutement pour les postes de Chief Executive à la Gambling Regulatory Authority, à la Mauritius Housing Company, à la State Investment Corporation, à la Mauritius Post and Cooperative Bank Limited ou encore à SIC Management Services Co. Ltd. Dans le cas de cette dernière société parapublique, responsable de la gestion de tous les casinos à Maurice, l’opération netoyaz a été de grande envergure car des appels de candidatures concernent tout le Top Management allant du CEO au Marketing Manager en passant par le Chief Operations Officer et le Finance Manager. Le contrat de trois ans renouvelable est proposé pour ces différents postes.
D’autres appels de candidatures, avec les mêmes conditions, devront être publiés dans les prochains jours subséquemment à la nouvelle vague de départs enregistrés ces derniers jours. Robin Soonarane a été prié d’évacuer son poste en tant que directeur de la Corporation Nationale de Transport (CNT) en fin de semaine. Tel a été le cas pour Lucien Finette, qui avait tenté en vain de prolonger son séjour à la tête du Mauritius Examinations Syndicate (MES) au moins jusqu’à la publication des résultats de School Certificate (SC) et de Higher School Certificate (HSC) et Bijaye Madhoo à la tête du MGI Trust.
Deux cas qui intriguent sont ceux de Sarat Lallah à la Mauritius Telecom et du Pr Anil Kumar Bhakshi à la Tertiary Education Commission (TEC). Le contrat de ce dernier, qui a accumulé échec après échec à la tête de la TEC, est renouvelé sur une base mensuelle depuis le mois d’octobre dernier. Certains craignent que, pour des raisons pas trop claires, le Pr Bhakshi puisse suivre la voie de Yandranath Googoolye, qui a été reconduit à ses fonctions de First Governor à la Banque de Maurice alors que son contrat était également reconduit sur une base mensuelle.
En sus des nominations des CEO par sélection, le gouvernement a mis en place une structure pour assurer un monitoring de la performance de ces différentes institutions publiques et parapubliques. Le Conseil des ministres a donné son aval à la création d’un Bureau Anti-Gaspillage (BAG) pour lutter contre le mismanagement et l’usage abusif des fonds publics. Ce Public Sector Efficiency Bureau sous l’égide du ministère des Services financiers, de la Bonne gouvernance et des Réformes institutionnelles, est dirigé par l’ancien directeur de l’Audit, Rajun Jugurnath.
L’une des premières missions confiée au patron du BAG est la remise en ordre des finances et de la gestion de la MBC, qui se retrouve avec des dettes de plus de Rs 1 milliard et un personnel surnuméraire touchant des salaires personnels de plus de Rs 100 000 par mois presque sans aucune productivité, héritage de l’ère Callikan. Rajun Jugurnath et son équipe, qui ont débarqué dans les locaux de la MBC depuis le début de la semaine, ont vu leurs tâches être facilitées par les dénociations en règle des victimes de l’ancienne direction de la MBC-TV.
Les conclusions et les recommandations de cet audit général des affaires de la MBC sont attendues avec impatience car leur mise à exécution devra marquer un tournant dans la gestion des fonds publics vu que l’Alliance Lepep en avait fait son cheval de bataille pendant la campagne électorale…