Une des premières nominations, qui devraient être entérinées par le nouveau gouvernement de l’Alliance Lepep en urgence, porterait sur le choix d’un nouveau patron au Central Electricity Board (CEB) tombant sous la tutelle du vice-Premier ministre et ministre des Services publics, Ivan Collendavelloo. En cette fin de semaine, des indications recueillies de sources autorisées sont que dans l’urgence, le gouvernement compte approcher Gérard Hébrard, ancien Deputy General Manager du CEB, pour une éventuelle nomination en tant qu’Executive Chairman du CEB avec un mandat précis, redresser la barre dans ce secteur en vue d’éviter tout Black-Out dans le pays à la fin de 2015.
Dans les milieux concernés, le choix de Gérard Hébrard pour remplacer le tandem de Balraj Narroo, Chairman du CEB et de Shyam Thannoo, General Manager, ne souffre d’aucune contestation. Le CEO désigné a fait une longue carrière au CEB en tant que Production Manager de 1988 jusqu’à décembre 2005 avant de partir à la retraite en tant que Deputy General Manager. « Gérard Hébrard est le technicien indiqué pour cette opération de remise en ordre au CEB et cette décision du gouvernement ne peut que faire du bien à un secteur qui a connu une nette détérioration au cours de ces dernières années au point où aujourd’hui, la menace d’un Black-Out pèse sur le pays à la fin de l’année prochaine », fait-on comprendre.
Avec la confirmation de cette nomination, qui ne devrait pas tarder, selon des sources bien informées, Gérard Hébrard devra s’atteler à la tâche pour mettre en place une stratégie pour assurer et satisfaire la demande en énergie électrique dans les mois à venir et surtout avec l’été 2015. Les plans du CEB ont été chambardés avec toute une série de tergiversations et d’hésitations lors de l’adjudication du contrat pour les quatre turbines de 4 x 15 MW de la centrale thermique de Saint-Louis.
Avec l’annulation de ce contrat à la dernière minute, le danger d’une interruption chronique dans la fourniture d’énergie électrique vers la fin de cette année en raison de la capacité réduite du CEB se fait de plus en plus sentir. Pourtant, aucun problème ne se posait pour le financement des nouvelles turbines de Saint-Louis car la Banque Africaine de Développement (BAD) a consenti d’avancer les fonds nécessaires.
Avec le retard accumulé dans la réalisation de ce projet à la centrale thermique de Saint-Louis, la solution alternative proposée par la BAD est le recours à des turbines à gaz, dont le délai pour la mise en place est plus court. Toutefois, la difficulté avec les turbines à gaz se situe au niveau du coût de production, soit environ Rs 20 le kWh, quatre fois supérieur à la moyenne du coût de production du CEB.
Un autre dossier délicat qui attend le nouveau CEO du CEB aussi bien que le ministère de tutelle est la centrale thermique de 100 MW à Albion de CT Power. L’ancienne direction du CEB a déjà signé une série d’accords avec les promoteurs étrangers de CT Power en vue du démarrage de ce projet, dont la mise en opération est annoncée pour 2017. Le gouvernement de l’Alliance Lepep se prépare à jeter un « Fresh look » sur ce dossier avant de décider de la marche à suivre.
En dépit de tout, l’un des points positifs sur lequel Gérard Hébrard pourra compter est la baisse du cours mondial de l’huile lourde depuis ces derniers mois et également le coût en baisse de la tonne de charbon avec le coût de l’unité produite par les Independent Power Producers (IPP) étant de l’ordre de Rs 3.
En tout, cas pour son comeback au CEB, Gérard Hébrard aura du pain sur la planche…