Avec l’ultime étape de l’enquête de l’Independent Commission against Corruption (ICAC) contre le président du National Economic and Social Council (NESC), le syndicaliste Radhakrishna Sadien, un vent de panique déstabilise cette institution, le “think-tank” officiel dans le domaine social. Aux dernières nouvelles, le responsable des finances du NESC a pris la décision de soumettre sa démission pour réintégrer à plein-temps le ministère de l’Intégration sociale. Le secrétaire du NESC, Dev Daliah, a été écarté pendant plus d’une heure des discussions, se déroulant à la fin de la semaine dernière au niveau du board, et ce sans mobile apparent. Du côté de l’ICAC, les derniers détails sont mis au point en vue du prochain interrogatoire “Under Warning” du syndicaliste-président.
Le dernier détail, qui confirme une ambiance de profond malaise au plus haut niveau du NESC, est révélé en marge de la démission du responsable de cette institution en fin de semaine dernière. Ainsi, le dénommé Ramrekha fait état de ses appréhensions devant la « guerre des tranchées » qui fait rage au NESC pour justifier son retour au ministère de tutelle.
« With the actual situation prevailing at the NESC, I am very anxious as I am witnessing the several allegations against the Chairperson in the press and enquiry by the ICAC, to whom I also had to give statements. Working at the secretariat of the NESC, where suspicion prevails, is not comfortable at all », écrit le démissionnaire dans sa lettre adressée à la direction du NESC, des copies ayant été transmises au secrétaire permanent du ministère de l’Intégration sociale et au président du conseil d’administration.
Par ailleurs, un fait particulier est intervenu en marge de la dernière réunion du conseil d’administration du NESC fin de semaine dernière. L’un des dossiers inscrits à l’ordre du jour de cette réunion est l’enquête de l’ICAC sur le président du NESC avec, pour la première fois, les membres du board étant “fully briefed” sur cette affaire depuis le début de l’enquête sur ce scandale. En effet, le secrétaire du NESC et son adjoint ont été priés de ne pas participer à la réunion et de quitter la salle de délibérations pendant plus d’heure.
Aucune des sources approchées par Le Mauricien n’a voulu s’aventurer pour confirmer ou infirmer la teneur des échanges sous la présidence de Radhakrishna Sadien, qui fait l’objet de l’enquête de l’ICAC. L’une des allégations à charge retenues dans le cadre de cette enquête porte sur des abus dans l’utilisation de voiture officielle du NESC, portant l’immatriculation 6550 DEC 10, avec des factures mensuelles de carburant de l’ordre de Rs 12 000, alors qu’aucun officier du NESC n’en faisait usage, soit un montant supérieur au budget alloué officiellement.
Cette voiture était quasiment dédiée à l’usage exclusif du président NESC alors que, techniquement, il n’en avait pas le droit, compte tenu des allocations de “travelling” dont il bénéficie en tant que haut fonctionnaire au Valuation Office et en tant que président de la Government Service Employees Association (GSEA). Radhakrishna Sadfien est également accusé d’avoir fait fi des instructions formelles à l’effet que « only authorised drivers can drive the NESC car, and that written instructions were given that NESC car should remain within the NESC premises at night ».
Or, il semblerait qu’en décembre 2013, le chauffeur du NESC avait été ordonné par le président du NESC de laisser la voiture officielle à son domicile, à Curepipe, pendant trois jours, soit les vendredi, samedi et dimanche, pour usage personnel de Radhakrishna Sadien et hors de tout contrôle du NESC. Du côté du NESC, une nouvelle réunion du board est annoncée pour demain afin de confirmer la décision de retenir les services d’un conseil légal en vue de la prochaine convocation du président pour interrogatoire “Under Warning” à l’ICAC dans les jours à venir. Affaire à suivre…