Les quatre députés de l’opposition, Rajesh Bhagwan, Steve Obeegadoo, Jean Claude Barbier et Kee Chong Li Kwong Wing démissionnent du comité parlementaire sur l’Independent Commission Against Corruption qui est censé « monitor » les travaux de la commission. C’est ce qu’a annoncé, hier, le leader de l’opposition après avoir dénoncé un nouveau scandale, celui de l’attribution d’un contrat de fourniture de chlore à la Central Water Authority. Cela lui a fait dire, avec gravité, que « enough is enough… kot mette néné, pourriture… pa kapav continué koumsa, bizin secoué la baraque et bizin arrête sa pourrissement généralisé de nou société… nou pa pou accepté dirty business au usual ».
Paul Bérenger a rappelé que la Prevention of Corruption Act fait provision pour ce comité parlementaire dont cinq des membres sont nommés par le Premier ministre et quatre autres par le leader de l’opposition et qu’il est censé « monitor » le fonctionnement de l’ICAC. Il a dit espérer que la démission des quatre membres de l’opposition du comité parlementaire de l’ICAC va représenter un « wake up call » bien qu’il ait observé « qu’il est déjà bien tard ».
Sur les scandales du moment, Paul Bérenger soulignera que cela fera bientôt une année que l’ICAC enquête sur MedPoint, une investigation menée avec « parti pris et politique de deux poids, deux mesures ». Et d’ajouter que, dans l’intervalle, les « soi-disant enquêtes sur Infinity, Neotown, les terres de Rose-Belle, le contrat de la Banque de Maurice sans appel d’offres, l’affaire Sik Yuen ont disparu du radar et tombé dans les oubliettes ».
« Nou pa pou permette ça et saki mo trouve terriblement triste pour Maurice, kot ou gueté, éna pourriture et chaque semaine mo pou vine avec enn nouveau scandale », a-t-il commenté en annonçant que le prochain thème sera l’attribution d’un contrat d’une valeur de Rs 1 milliard sans appel d’offres. Il a aussi déclaré que « ça permette nous mesure la tâche ki pé attane nou pour nettoye ca pays-là ! « .
Place ensuite au dossier du jour, la CWA, alors que la population continue à être pénalisée par le « mismanagement, l’incompétence et la fraude ». Citant des documents qu’il a d’ailleurs remis à la presse, Paul Bérenger a parlé d’un appel d’offres lancé par la CWA le 24 mars 2011 pour le « supply of liquid Chlorine and Maintenance of Chlorine Cylinder and Tonners ».
« Eski fine éna conspiracy BEC, board, ministre ? « 
Un Bid Evaluation Committee interne à la CWA se penche sur les quatre offres reçues à la date limite fixée qui est le 26 avril 2011: Chemco (Rs 51 millions), Desbro (Rs 40 millions), HPL Chemicals (Rs 25 millions) et Island Chemicals Ltd (Rs 24 millions). Or, ce Bid Evaluation Committee (BEC) décide de rejeter l’offre la moins chère, Rs 24 millions, celle de Island Chemicals, en prétextant une erreur sur les documents et décide de recommander que le contrat soit alloué au soumissionnaire le plus cher, Desbro pour Rs 40 millions.
Les conclusions du BEC, expliquent le leader de l’opposition, sont référées au conseil d’administration de la CWA, « ki pa trouve narien et li approuve tender le plus cher et, sous la loi, li prévu ki le ministre et, dans ce cas c’est Rashid Beebeejaun, bizin approuvé et, li oussi, li approuvé ».
Or, ajoute-t-il, le soumissionnaire lésé en appelle au Independent Review Panel et alors que le BEC, le board et le ministre sont censés faire leur travail, l’IRP a, le 9 septembre dernier, décidé de blâmer la CWA d’annuler l’attribution du contrat, rejette les observations du BEC parmi lesquelles Island Chemicals avait fait une erreur, statue que son offre est valable et précise, au contraire, que c’est la firme choisie, Desbro, qui a commis une « significant omission ».
Autre document versé au dossier par le leader de l’opposition, celui du propre avoué de la CWA, Hiren Jankee, qui, dans une correspondance en date du 23 août 2011, est arrivé à la même conclusion que l’IRP à l’effet que des paragraphes de l’offre de Desbro « are missing ». « Eski fine éna conspiracy Bid Evaluation Committee, board CWA et ministre ? », s’est interrogé Paul Bérenger en renchérissant, « ki sen la paye sa kalité kotsoz-là, Rs 16 millions en plus lors enn contrat ? »
Ce sont les consommateurs, a-t-il dit, non sans déplorer que, dans cette affaire, « le BEC, board et ministre ont tous été aveuglés », non sans s’être posé cette question :« Ki senla pour guette ki senla pa ine fer so travay? », dans la mesure où toutes les instances censées exercer un devoir de vigilance ont été dans la même direction, situation qu’il a qualifié« d’extraordinaire et de dangereuse et si ça continue comme ça, ça pays-là pou vine ingouvernable ».
De fil en aiguille, il est venu avec un autre volet du dossier, soit celui d’un membre nommé au board de la CWA dont il n’a pas cité le nom alors que les documents circulés révèlent qu’il s’agit de Pravin Ramessur. Ce dernier, dit-il, a fait l’objet d’un Fact Finding Committee, composé de Rajesh Bucktowansing, avoué et de MM. Ramduth Basenoo et de Cassam Kureeman, alors qu’il était le président de la Mauritius Family Planning Welfare Association en 2008.
« Sufficient evidence to take action against the chairperson ! « 
Dans ses observations, ce FFC note que Pravin Ramessur a utilisé le véhicule de la MFPWA tout en empochant la« travelling allowance », qu’il s’est montré « very rude » vis-à-vis des délégués venant de Rodrigues lors d’un séminaire organisé du 25 au 27 juillet 2008 à l’Hotel Palmtree, qu’il était « under the influence of alcohol » et qu’il avait usé de « foul, abusive and threatening words » en la présence des invités.
Mieux, écrivent les auteurs du rapport, « the conduct and attitude of the chairperson… caused much embarrassment to the participants of the workshop They were outraged by the attitude of the chaiperson vis à vis ladies. The consultant of the International Parenthood Planning Federation was very much embarrassed and did convey to the Executive Dircetor her disapppointment ».
Aussi, le FFC conclut que « there is sufficient evidence to take action against the chairperson » Pravin Ramessur. Et c’est alors que l’ICAC entre en jeu et qu’elle enquête. Or, dans une correspondance adressée à l’incriminé, le 17 décembre 2010, l’ICAC lui dit que le DPP a recommandé que « a warning be administered to you in lieu of prosecution and that you be required to refund the sum of Rs 6,500 to the MFPWA with proof produced to this office ».
Et au leader de l’opposition de commenter que « comme toujours sous le régime actuel, li gagne promotion et nomme sa mem dimoune ki fine fané lor board CWA et li mem officer in charge de la commission démocratisation de l’économie présidé par Nita Deerpalsing, après so démission comme chairman MFPWA et ki li fine bizin rembourse sa ki li fine prend et jamais mo ti koné ki ICAC donne warning ». Et ce n’est qu’un exemple, a observé Paul Bérenger.
Répondant à la presse, le leader de l’opposition a rappelé que l’ICAC, c’est Rs 100 millions par an et que, bien que sous la loi, le comité parlementaire ne peut s’ingérer dans le détail des enquêtes, elle peut néanmoins entendre le directeur général et lui poser des questions du genre « quand est-ce que l’enquête de l’ICAC va se terminer? ».
Il a, une nouvelle fois, déploré l’attitude de la commission vis-à-vis du ministre Jeetah et a évoqué une première audition qui « fut une promenade et une séance de tasse de thé » et qu’il n’a pas été rappelé après que des documents ont établi son implication. Et de promettre de nouveau que toute la lumière sera faite sur toute cette affaire MedPoint.
S’agissant de la situation économique, le leader de l’opposition l’a qualifiée de « sérieuse » et que la gouvernement qui tient avec « deux transfuges et quatre PMSD » n’inspire pas confiance, que la malaise est généralisé avec la crise qui affecte nos marchés.