Les dernières révélations en fin de semaine de Wikileaks sur Maurice, avec des correspondances confidentielles de l’ambassade américaine de Port-Louis destinées à Washington, sont extrêmement accablantes sur le plan de la lutte contre la fraude et la corruption. Au-delà de la perception alléguée ou confirmée de l’absence d’indépendance de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) par rapport au pouvoir politique, la teneur de l’analyse de l’ambassade américaine formulée en date du 12 juin 2008, comporte de graves accusations de complicité de fraude et de corruption contre une série d’institutions, allant de la douane en passant par la police avec le scandale étouffé de Protection Money à la Major Crime Investigation Team (MCIT) de l’époque de Raddhoa en passant par le State Law Office sans oublier des officiels au Prime Minister’s Office. Mais plus grave dans cette gangrène restent ces directives de « Cover Up » de cas de fraudes alléguées formulées en présence du secrétaire financier, Ali Michael Mansoor, et de M. Servansing.
Cette documentation sur un état des lieux de fraude et de la corruption à Maurice avait pour toile de fond les malheurs et problèmes rencontrés par l’ancien receveur des douanes, le Canadien Bert Cunningham en 2008. Ces informations, étayant les dires de l’ambassade américaine, avaient fait l’objet d’un échange en date du 11 avril 2008 avec l’ex-receveur des douanes reçu par des officiels américains. Les accusations de Cover Up sont des plus claires.