Selon le président de la CAF (au centre), tout est à refaire pour le football africain

Le Malgache Ahmad Ahmad, président de la Confédération africaine de football (CAF) a fait le déplacement au stade St François Xavier pour assister à la finale de la COSAFA Cup U17. Celui-ci, qui a pris les rênes de cette organisation depuis mars 2017, a dévoilé à la presse son bilan après un an à la tête de l’instance africaine. Un constat inquiétant, selon lui.
Il y a un an, Ahmad Ahmad, l’ancien politicien malgache, se faisait élire à la tête de la CAF avec 34 votes aux dépens de son grand rival, Issa Hayatou. Aujourd ‘hui, il dresse un bilan bien sombre.

« Si je devais présenter un bilan, je dirais que tout est à refaire. Nous avons déjà commencé à travailler. Mais il y a cette impression que rien n’a été fait. Il y a tellement de chantiers. » Le ton est donné. Sur quoi travaille le patron du football africain ? « Des reformes concernant l l’administration, les finances et les différentes compétitions. Nous devons mettre les bonnes personnes aux postes-clés. C’est un processus qui demande du temps », dit-il, avant de plaider la cause africaine. « La CAF se doit d’être une institution continentale », souligne-t-il.

Alors que la COSAFA U17 Cup – qualificative pour la CAN des moins de 17 de 2019 en Tanzanie – le Malgache ne veut pas s’aventurer pour les moins de 20 ans. Soulignant l’aide apportée par l’UEFA, à travers son programme Assist, il tient d’ailleurs à remercier l’instance européenne. « Nous avons organisé cette compétition avec l’aide de l’UEFA et cela se fait dans chaque zone. Je dois remercier Maurice d’avoir pu abriter cette compétition. C’est la première fois que nous essayerons ce mode de qualification et je ne suis pas sûr pour l’instant que ce sera de même pour les U20. On devra continuer et voir si nous devons améliorer cette méthode ou l’annuler », fait-il ressortir.

Selon le Malgache, la tenue de ce tournoi est devenue nécessaire pour les pays participants. « Ce tournoi permet la réduction des charges. Les jeunes peuvent s’y aligner, car sous le précédent format, les études restreignaient leur présence. Aussi il faut savoir que ses enfants sont tous mineurs et leur parents ne sont pas tous d’accord à les laisser partir. Suite à cela, nous essayons de rapprocher les lieux des compétitions au lieu de résidences des enfants », explique-t-il.

La dernière Coupe du monde (CDM) en Russie n’a pas laissé insensible le Malgache. Commentant le niveau des équipes africaines, il dresse un constat alarmant. « Nous avons fait une évaluation après la CDM et je peux vous garantir que si c’est toujours comme cela qu’on l’organise le football dans notre continent, nous ne pouvons pas aller loin. Les pays qui se sont qualifiés pour le Mondial n’ont même pas de pelouse pour se préparer. Il y a tellement de chantiers à mettre en place pour qu’on puisse rêver d’aller plus loin », indique-t-il.

Osant la comparaison avec l’Europe, il soutiendra que le continent a déjà plusieurs longueurs d’avance sur l’Afrique, avançant pour preuve les derniers résultats du Mondial 2018. « L’Europe a déjà de l’avance sur les autres continents. Il suffit de voir les résultats de la dernière Coupe du Monde pour s’en rendre compte. »

D’où un appel pour un investissement massif, tant de la part des états africains que de la part du public. « Nous avons de l’investissement et du soutien de tout le monde, qu’il soit étatique ou du public dans les stades. Je lance un appel aux gouvernements pour qu’ils soient les pièces maîtresses dans le développement du football. On a également remarqué beaucoup de lacunes dans la préparation des équipes africaines. Il faut avoir une stabilité au niveau des entraîneurs, des joueurs et de la fédération concernées », a fait ressortir le président.

Celui-ci a pris l’exemple sur l’équipe de France, championne du monde, qui a opté pour un travail de continuité. « Leur entraineur était en depuis 10 ans. Si on calque l’exemple des entraîneurs africains, qui ne survivent pas deux ans… », conclut Ahmad Ahmad.