Les touristes sont rares en cette période de crise financière mondiale qui frappe l’Europe, principal marché touristique de Maurice. Ce qui fait souffrir principalement les petits établissements tels que Cosi Hotel & Restaurant d’une vingtaine de chambres situé à Mon Choisy, dans le complexe La Cocoteraie que sa propriétaire Dora Mamodesene arrive difficilement à rentabiliser.
« Nous comprenons très bien que le billet d’avion est très cher venant d’Europe et que les touristes préfèrent se rendre plus près de chez eux. Nous devons faire quelque chose. Nous ciblons maintenant La Réunion, les Seychelles, les Maldives et Rodrigues et aussi la clientèle mauricienne afin de survivre après tant d’énergie, de temps et d’argent investis dans cet hôtel », déclare Dora Mamodesene, gynécologue de profession, pratiquant aux États-Unis et qui gère aussi un business d’entretien de voitures dans ce pays. Elle ne néglige pas pour autant la clientèle hors de la zone euro tels les Sud-africains et d’autres Africains, les Indiens et les Chinois. Elle avoue avoir raté les dernières vacances d’été à La Réunion mais elle se rattrapera cette année. « Nous apprenons encore ce métier », ajoute-t-elle. Entre-temps, elle est occupée à l’entretien des chambres, à nettoyer et à former davantage ses employés « pour qu’ils soient prêts pour les jours meilleurs. »
Dora Mamodesene a pris la responsabilité de cet établissement il y a tout juste une année. Auparavant, elle louait le complexe à d’autres personnes. C’est en venant manger à cet endroit avec sa famille qu’elle s’est dit qu’elle va un jour acheter le complexe qui s’appelait autrefois La Baie des Pirates. Elle a fait l’acquisition du complexe en 2006 et achète également le terrain jouxtant cet établissement en 2008 où elle fera construire un restaurant en plein air en 2011. « Je travaille beaucoup aux États-Unis mais je vais rester un bon bout de temps à Maurice à partir de maintenant pour pouvoir bien gérer ce business même si je ne suis pas une experte dans ce domaine. Il a été très lent jusqu’ici », déclare-t-elle. Son établissement ouvre ses portes tous les jours dans l’attente des clients mais ceux-ci sont rares. L’hôtel offre quatre types de chambres à sa clientèle : le Standard qui est composé d’une chambre ; le Superior avec une chambre et une sitting room ; le Deluxe avec deux chambres et une petite cuisine ; et le bungalow qui est destiné à la famille avec deux chambres, deux salles de bain, living et dining room et une cuisine. Au total, 54 personnes peuvent être hébergées en même temps à l’hôtel.
Dora Mamodesene avoue ne pas trop connaître les « in and out » du secteur hôtelier mais s’y connaît en affaires. Elle souhaite recruter un manager compétent mais c’est difficile, dit-elle, de trouver des gens qui veulent travailler. « L’éthique du travail est différente ici de là où je viens. Il y a moins de jours fériés aux États-Unis. Ici, il y en a trop et aussi trop de congés maladie. Le volume de travail et la qualité de travail sont différents… Le client ne vient pas, vous attendez. Entre-temps, les rares clients qui passent, jettent un coup d’oeil à l’intérieur du restaurant, ne voient personne et partent ailleurs. »
Dora Mamodesene trouve que le secteur du tourisme est très compétitif, particulièrement dans le nord de l’île, en raison du très grand nombre d’établissements. « Beaucoup de gens ne trouvent pas notre établissement même si nos lumières sont allumées. Pourtant, il est là avec ses chambres confortables et propres, une piscine et un service de restauration varié et la pizza cuite au four à bois », fait-elle ressortir.