Qui n’a jamais rêvé d’une vie entre terre et mer ? Le Mauricien a vécu l’expérience en croisière pendant deux jours sur le Costa Mediterranea, un des plus vieux bateaux de croisière de la légendaire flotte italienne. Deux jours hors du temps, hors du monde. Un univers atypique qui se prête uniquement aux loisirs, au divertissement et au rire. La Dolce Vita à l’état pur. Reportage.

Jeudi 16 janvier. Après deux jours de découvertes et d’excursions intenses sur l’île de la Réunion, organisées par l’île de la Réunion Tourisme et où nous avons été royalement traités par notre guide Jérôme Lebray de Chauffeur Austral, nous embarquons sur le gigantesque navire pour une croisière de deux jours. Une mini-croisière comprise dans le package proposé par Atom Travels, très conscient de l’engouement des Mauriciens pour ce genre de virée en mer. La file d’attente à l’immigration est interminable.

Parmi, de nombreux Réunionnais qui feront escale à Maurice pour ensuite revenir sur La Réunion. Nous remarquons surtout beaucoup de seniors, de vieux couples apprêtés pour l’occasion, chapeaux sur la tête, impatients de commencer la croisière surtout.
Gigi et Mamdou Hubert en sont à leur 11e croisière ! « Je n’aime pas fêter mon anniversaire sur terre », confie d’un air taquin Mamdou Hubert. Âgé de 76 ans, il ne manque pas une occasion pour venir profiter de la vie sur le bateau. « C’est autre chose, c’est un autre monde. Tout le monde sourit, rit et profite ! Le soir, c’est encore un tout autre univers, l’on se met tous sur la piste pour danser. » Comme eux, ils sont nombreux à avoir économisé pour embarquer sur Costa. « Nous avons travaillé toute une vie, nous avons fait tant de sacrifices. Nos enfants sont grands, il est temps pour nous d’en profiter, qu’en dites-vous », lance Gigi, âgée quant à elle de 71 ans, et toujours pas une ride. « Aymo, je dois aller faire mes cheveux quand je vais arriver à Maurice », ajoute-t-elle.

En effet, la vie est différente à bord de Costa. Le temps semble s’être arrêté. Dans un style très particulier, un peu du style italien baroque, les meubles, les tapisseries, les tableaux, rappellent tous l’Italie, le théâtre, les arts… une atmosphère à la fois décalée mais chic. À vrai dire, l’on a fini par s’y habituer au bout d’un jour. À 18h pile, le bateau quitte le port à la Réunion. Une fois embarqués, nous nous installons dans notre cabine avec vue sur océan au… septième étage ! C’est dire que la Costa Mediterranea est immense, comptant 1 550 cabines sur neuf étages. Les ascenseurs montent et descendent, et les passagers égarés essaient tant bien que mal de retrouver leur numéro de chambre. Un vrai labyrinthe. 20h, l’heure du dîner a sonné. Au programme : cuisine gastronomique, vins italiens et service pointu. Tout le monde est sur son 31. Tout le monde sans exception. Malgré le bateau qui tangue un peu, la mer entre La Réunion et Maurice ayant la réputation d’être mauvaise, l’on arrive à apprécier l’instant et à s’imbiber de cet univers atypique.

Vendredi 17 janvier. Le bateau arrive enfin au port de Port-Louis, pile poil au lever du soleil. Une longue journée nous attend, entre visites et rencontres avec les 17 employés mauriciens du navire. Les autres passagers, eux, sont partis en excursion sur l’île, histoire de voir de près le fameux métro mauricien. Les boutiques de Duty Free sont fermées, et les machines à sous des casinos aussi. Car, oui, sur ce bateau de croisière, il y a plusieurs casinos, des salles de théâtre, des boîtes de nuit, une salle de sport, une bibliothèque et plusieurs bars… Les couloirs n’en finissent pas sur Costa et nous avons arrêté de compter le nombre de fois où nous nous sommes perdus.

À l’heure du déjeuner, nous entendons quelques mots de créole mauricien… À notre grande surprise, nous découvrons le jeune Jordan Madelon, 23 ans et assistant en cuisine. Il travaille sur les bateaux de croisière depuis deux ans et demi, suivant les pas de sa sœur aînée. Très peu fier, il accueillait ce jour-là sa famille venue déjeuner à bord du Costa. « Une grande fierté pour nous », explique Christian, le père de Jordan, habitant Sainte-Croix. « Cela n’a pas été facile. Les premiers mois sur le bateau sont difficiles, si difficiles que vous pleurez quasiment tous les jours dans votre cabine », confie Jordan Madelon. Malgré cela, il s’est néanmoins développé une passion pour ce métier qui l’a amené au bout du monde. Après le déjeuner, place au dîner encore une fois somptueux, où comme le veut la tradition de Costa, le personnel chandelle à la main nous chante Time To Say Goodbye d’Andrea Bocelli. Un hommage à ceux qui vont débarquer pour de bon et quitter la famille Costa. L’émotion était à son paroxysme… C’est ainsi que nous avons débarqué samedi matin, le cœur gros et la tête remplie de souvenirs… Une expérience à vivre !