Le “faux gavial” africain, un crocodile à long museau, est en danger. Aussi, pour éviter sa disparition, une “pouponnière” a été créée au zoo d’Abidjan. Mais les reptiles ne sont pas pour autant sortis d’affaire, car les fonds manquent.
Le reptile, effrayé par un soigneur, court, pataud, sur ses minuscules pattes, pour se cacher dans une flaque d’eau peu profonde. Au zoo d’Abidjan, une pouponnière à crocodiles d’une espèce africaine en danger accueille 18 jeunes pensionnaires nés à l’été 2014. Leur petite cage a été récemment construite près de l’enclos hébergeant leurs parents, 37 adultes à l’allure redoutable. Les bébés “ressemblent à des lézards !”, s’écrie Keren, 8 ans, en les pointant du doigt.
“Je me demande pourquoi les petits crocodiles ont la queue si petite, alors que les gros crocodiles qui dépassent 2 mètres, eux, ont de longues queues”, s’interroge Nabila, 10 ans. La différence de taille est effectivement saisissante. Et apercevoir des bébés crocodiles n’est pas si fréquent. André Zoh, le soigneur qui s’occupe d’eux depuis 2007 au zoo d’Abidjan, n’en avait jamais vu auparavant.
“Avant, il y avait des naissances. Mais les petits étaient dévorés par le reste des crocodiles”, explique-t-il, tout en saisissant entre le pouce et l’index l’un des bébés, incapable de mordre ou de remuer pour se défendre. Ce projet de pouponnière pour reptiles a été lancé dans les années 1980 pour aider à la conservation du “faux gavial” africain, un crocodile à long museau qui vit en Afrique centrale et de l’ouest, une espèce en danger, explique Samouka Kané, le directeur du zoo.