Dans le cadre de la mise en oeuvre du plan national de gestion de l’élimination des hydrochlorofluorocarbones (HCFC), le gouvernement a décidé de geler l’importation de cette catégorie de gaz réfrigérants appauvrissant la couche d’ozone à partir de janvier 2013, a annoncé hier le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Deva Virahsawmy. Les HCFC sont utilisés en tant que substances de transition comme solution de remplacement des chlorofluorocarbones (ou CFC) dans de nombreux systèmes de réfrigération, de climatisation et dans les mousses.
« Ce plan national de cinq ans de gestion de l’élimination des HCFC est actuellement mis en oeuvre et, dans un premier temps, les importations de ce gaz réfrigérant seront gelées à un niveau équivalent à la moyenne des importations pour les années 2009-10 à partir de janvier 2013. Une réduction graduelle de l’importation de ces gaz sera effectuée jusqu’à leur interdiction complète en 2030 », a annoncé hier le ministre de l’Environnement et du Développement durable (MoE & SD), aux participants au Labourdonnais Waterfront Hotel à un atelier pour marquer un double événement : la Journée internationale de la protection de la couche d’ozone, célébrée chaque 16 septembre, et le 25e anniversaire du Protocole de Montréal relatif aux substances qui appauvrissent la couche d’ozone.
« De même, dès janvier 2013, l’importation des appareils électroménagers et des équipements contenant les HCFC sera interdite puisque des alternatives comme des hydrocarbures, de l’ammoniac et du dioxyde de carbone sont déjà disponibles sur le marché à Maurice », a ajouté le ministre.
Selon les engagements initiaux que Maurice a signés sous le Protocole de Montréal, elle devait, en tant que pays en développement, éliminer les HCFC d’ici à 2040. Les HCFC sont utilisés en tant que substances de transition comme solution de remplacement des chlorofluorocarbones (ou CFC) utilisés auparavant dans de nombreux systèmes de réfrigération, de climatisation et dans les mousses.
Bien que les HCFC aient un potentiel d’appauvrissement de la couche d’ozone très faible, ils contribuent énormément au réchauffement climatique, car ils sont des gaz à effet de serre très puissants. Le plus utilisé est 2 000 fois plus puissant que le dioxyde de carbone du point de vue du réchauffement de la planète.
C’est pour cette raison qu’en 2007, à l’occasion du vingtième anniversaire du Protocole de Montréal, toutes les parties sont tombées d’accord pour accélérer l’élimination de la production et de la consommation des HCFC et les remplacer par des techniques de pointe ne causant aucun tort à la couche d’ozone.
La couche d’ozone, située en haute altitude, absorbe les rayons ultra-violets nocifs du soleil, dangereux pour les organismes vivants. À la fin des années 1970, les scientifiques ont observé en Antarctique une diminution de l’ozone dans cette région polaire (le « trou dans la couche d’ozone »).
« En réduisant ces 25 dernières années par 98% la production et l’importation de ces substances nocives, le Protocole de Montréal aura permis à la couche d’ozone de se reconstituer d’ici à 2065 à un niveau pré-1980 », a rappelé le ministre.
La dégradation de la couche d’ozone implique une moindre filtration des rayons ultraviolets les plus nocifs du soleil et une élévation des risques pour la vie terrestre : brûlures superficielles, conjonctivites, cataractes, augmentation des cancers et vieillissement de la peau, maladies du système immunitaire, réduction de la photosynthèse (diminution des rendements et de la qualité des cultures, disparition du plancton, premier maillon des chaînes alimentaires aquatiques…).
De plus, les UV-B accélèrent la génération du smog photochimique, stimulant ainsi la production de l’ozone troposphérique qui est nocif et diminuent « la durée de vie » de certains matériaux inorganiques comme les peintures et plastiques.
« Cette réduction de 98% a permis d’éviter dans le monde 130 millions de cas de cancers de la peau et 130 millions de cas de cataractes, par exemple », a indiqué Deva Virahwamy.
Le Protocole est également à l’origine d’innovations importantes dans l’industrie chimique et l’industrie manufacturière, qui ont notamment permis de fabriquer des systèmes de réfrigération plus respectueux de l’environnement et consommant moins d’énergie.
L’action menée en vertu du Protocole de Montréal a également eu des retombées importantes sur le plan climatique. On a progressivement mis fin à la production de plusieurs substances nocives qui figurent également parmi les principaux gaz à effet de serre, notamment les chlorofluorocarbones qui étaient utilisés pour fabriquer des laques pour cheveux et d’autres produits.
Le ministre a rappelé que le HPMP a déjà été approuvé par le gouvernement et le Comité exécutif du Fond Multilatéral du Protocole de Montréal. Le coût total pour mettre en oeuvre ce plan s’élève à environ Rs 90 millions, a-t-il ajouté.
Deva Virahsawmy a rappelé que Maurice peut se féliciter d’avoir réussi à interdire depuis 2005 l’importation de CFC cinq ans avant l’échéance du Protocole et les faire remplacer par les HCFC et les hydrofluorocarbones.
Le représentant de Nations Unies à Maurice, Simon Springett, a offert une plaque commémorative au ministre Virahsawmy pour ce que Maurice a accompli dans la lutte pour la préservation de la couche d’ozone.
Cet atelier a été marqué par l’intervention de plusieurs orateurs sur divers aspects de la préservation de la couche d’ozone et du changement climatique.