Les résultats des Bar Vocational Examinations du Council of Legal Education pour cette année ont été rendus publics le vendredi 4. Sur 52 candidats qui ont pris part à ces examens en septembre pour être reçus au barreau mauricien, 13 ont réussi, soit cinq avocats et huit avoués. Aucun candidat destiné à devenir notaire n’a été reçu. Si dans les milieux du judiciaire certains estiment satisfaisant ce taux de réussite comparé aux années précédentes, il demeure néanmoins bas eu égard au taux d’échec global qui est de 75 %.
Au niveau des professions légales respectives, l’échec est de 100 % pour les aspirants notaires, d’un peu moins de 75 % pour les aspirants avocats et d’un peu moins de 50 % pour les aspirants avoués. Sur 11 candidats enregistrés en notariat, deux se sont absentés le jour des examens ; sur les neuf qui y ont pris part, aucun n’a réussi. Néanmoins, une candidate, Varuna Punchoo, obtiendra l’autorisation d’un “resit” dans une épreuve où elle a mal travaillé, ce qui lui donnera la chance de se rattraper.
S’agissant des avocats, sur 29 candidats enregistrés, trois se sont absentés. Des 26 restants, cinq ont réussi aux examens. Ils sont respectivement et en ordre de rang : Ashwina Pittea, Marie-Desiree Anielle Caroline Samy, Fezal Khan Boodhoo, Sandilen Calliapen et Nisha Pem.
C’est parmi les aspirants avoués que le taux de réussite a fait le plus d’heureux avec huit reçus sur 17 candidats ayant pris part à ces examens. Ils sont respectivement et en ordre de rang : Yashina Devi Leckram, Kamni Devi Ramessur, Natacha Rachel Wan Wing Kai, Murday Selvarajen Soundron, Yogina Yerriah, Satyajeet Ramchurn, Mushira Sumodhee et Karen Parson. Sur 21 candidats enregistrés au départ, quatre aspirants avoués se sont absentés aux examens.
Le taux global d’absentéisme aux Bar Vocational Examinations de cette année est jugé préoccupant. En effet, sur un total de 61 candidats enregistrés, neuf ne se sont pas présentés aux examens. « Les raisons de ces absences ne sont pas connues, aussi je préfère parler d’absentéisme que d’abstention. Mais il ne serait pas étonnant que la tension qui entoure généralement la tenue de ces épreuves en soit la cause », confie au Mauricien un membre de la profession légale qui souhaite garder l’anonymat. Ces examens sanctionnent le Bar Vocational Course qui met l’accent sur l’aspect purement pratique de la profession. Cette formation est dispensée par le Council of Legal Education (CLE).
Maurice compte chaque année environ un millier d’étudiants en LLB répartis dans la faculté de droit de l’Université de Maurice et dans une demi-douzaine de centres de formation privés qui offrent des cours par correspondance. Chaque année seule une soixantaine de détenteurs du Bachelor in Law parviennent à suivre le cours au CLE. De ce petit nombre, le tiers choisit de reporter à plusieurs reprises sa participation aux examens car ne se sentant pas suffisamment préparé à cette épreuve réputée d’être particulièrement inabordable.
Nombre de détenteurs du LLB, tant de la faculté de droit de Réduit que d’universités étrangères autres que britanniques et considérés comme brillants par leurs chargés de cours sont recalés à l’épreuve du barreau. Si la moyenne générale de 60 % de réussite demandée est considérée comme raisonnable, toutefois beaucoup continuent à y échouer en dépit de leurs tentatives répétées. À titre d’exemple, l’année dernière sur 47 candidats en lice pour accéder au barreau, un seul a été reçu avocat ; sur 24 autres qui souhaitaient devenir avoués, un seul candidat avait réussi ; et sur les six qui envisageaient d’embrasser une carrière de notaire, un seul y était parvenu. De même en 2009, seuls trois candidats ont été reçus sur 87. Des voix se sont élevées dans la profession comme au Parlement depuis quelques années, et récemment lors des débats sur le Law Practitioners Amendment Bill, pour alerter sur cette situation décrite comme « un véritable drame humain ».
Le Mauricien a souhaité obtenir l’avis du président du CLE sur cette question, mais le juge Paul Lam Shang Leen se trouve actuellement à l’étranger.