NATHALIE BAISSAC

Je suis productrice de plantes médicinales et aromatiques, et également de légumes sur un terrain agricole certifié BIO depuis janvier.

NATHALIE BAISSAC

Au début de l’année, la CWA a installé des tuyaux devant mon terrain, ce qui en a non seulement bloqué l’accès pendant 2 mois, mais qui a détruit les chemins de terre. Il a fallu insister pour en obtenir la réparation. Depuis 15 jours, il y a des fuites, et le chemin est de nouveau massacré. Malgré mes plaintes, rien n’est fait à ce jour.

Toujours en début d’année, on a volé le transformateur qui était à l’intérieur du terrain. Pour cela, le grillage a été coupé. On a aussi volé des tourniquets, c’est normal… Mon voisin planteur est pillé.

Ce matin, je vois qu’un autre morceau de grillage a été coupé, et que des individus ont jeté toutes sortes de saletés, dont une machine à laver.

Je suis allée à la FAREI en juillet, afin de voir ce que le nouveau avait prévu pour les planteurs. Rien cette année. J’avais grand besoin d’aide pour acheter des outillages.

Maintenant, que dire de l’usage des pesticides que font les planteurs autour ? Ils épandent toutes sortes de produits, sans même mettre de gants ni de masques.

J’ai entendu de mes propres oreilles les paroles d’un ministre : l’agriculture doit être à 50% BIO d’ici 2020… On est très loin du compte. Comment les agriculteurs peuvent-ils se mettre au BIO s’il n’y a pas de réelles mesures gouvernementales ? Quant aux officiers de la FAREI, ils font de leur mieux avec les moyens qu’ils ont, et sont très à l’écoute.

L’agriculture est difficile. Mais faire du BIO l’est encore plus. Cela nécessite beaucoup de temps, de patience, de commencer avec peu de rendement; on ne peut pas demander aux planteurs, qui subissent déjà beaucoup de pertes en vol, de passer à une agriculture plus saine. C’est impossible.

Il y a beaucoup de choses à faire dans ce pays, avant qu’il ne soit complètement détruit et déserté par les touristes, et que la population n’atteigne un nouveau funeste record, celui de cancers (nous aurions deux kilos de pesticide en nous).

Certes, cela demande des moyens, mais cela en rapporterait beaucoup plus sur du long terme. Il faut tout commencer avec l’éducation.

Notre écosystème est terriblement fragile dû à son insularité. Il est de notre devoir et de notre responsabilité, en tant que citoyen, et surtout en tant que membre de gouvernement, de la préserver.

Nous sommes assis sur la branche que nous sommes en train de couper.