L’appel interjeté par Chandranee Henriksen, une habitante de Goodlands, qui a été trouvée coupable par la Cour criminelle intermédiaire de wounds and blows causing death without intention to kill sous l’article 228 (3) du code pénal, a été rejeté par les juges Asraf Caunhye et Rita Teelock. Selon la Cour intermédiaire, elle a provoqué le décès de son ancien époux, un ressortissant norvégien qu’elle avait épousé en mars 2000.
À l’appel de son procès, Chandranee Henriksen avait plaidé non coupable, en invoquant comme défense qu’elle avait agi sous la provocation. Elle a contesté l’appel en mettant en avant quelques raisons, l’une étant que la peine était sévère, voire excessive.
Chandranee Henriksen avait épousé la victime en secondes noces. Son premier mariage a échoué en 1976, année depuis laquelle elle a vécu séparée de son époux.
En 1992, elle se rendit en Norvège avec ses deux enfants et a fait la connaissance de son second époux six ans plus tard. Les deux vinrent à Maurice en décembre 1999. Le 17 mars de l’année suivante, ils se marièrent. Toutefois, cette union ne devait durer que trois années, la femme ayant infligé des coups qui allaient s’avérer fatals à son époux le 8 février 2003. À cette époque, elle avait 48 ans alors que la victime était de dix ans son aîné.
L’accusation s’est basée principalement sur la version de l’accusée pour expliquer ce qui s’est produit ce 8 février 2003. Selon elle, il était alcoolique et la maltraitait souvent quand il était ivre. Elle a dû rechercher de l’aide auprès de l’organisation SOS Femme Battue.
Elle a également obtenu un Protection Order émis par la magistrate de la Cour de district de Mapou. Elle avait porté plainte pour avoir été frappée, maltraitée et sommée de quitter le toit conjugal. Une action a même été logée en Cour suprême en mars 2002. « Tom was claiming that the appellant had unlawfully transferred the ownership of their house in Mauritius, which had been constructed with his money, to her two children », rapporte le jugement.
Expliquant les incidents qui ont abouti à la mort de son époux, Chandranee Henriksen a indiqué qu’à 17 h, celui-ci était complètement ivre. Il dormait sur le plancher, son sac d’urine, qu’il devait tout le temps conserver, attaché à lui. Il se mit à injurier sa femme et la fille de celle-ci. Malgré cela, elle a eu à nettoyer le plancher, étant donné que le sac d’urine s’était brisé.
À un certain moment, il la fit culbuter et Chandranee Henriksen se retrouva à terre. Alors qu’il tira sur sa main gauche, il continua à l’insulter. « Mo ti finn plein ar li », avait relaté l’appelante. Elle l’a frappé sur sa cuisse gauche et se rendit dans la cuisine, a pris un torchon pour l’empêcher de parler, car elle en avait assez de ses insultes. Mais, devait-elle préciser, le torchon glissa de sa bouche pour arriver à son cou. « Dan la raz, mo finn ser so licou ar torson la avek mo de lamin ziska li aret fer mouvman », ajouta-t-elle. Elle l’a laissé sur place pour aller dans sa chambre. « Kan mo koler finn pase », elle revint au salon. Voyant que son époux ne bougeait pas, elle enleva le torchon et aperçut une marque au cou. Elle appela le SAMU, qui l’informa que son époux avait déjà rendu l’âme. Le Dr Satish Boolell, alors Police Medical Officer, qui a procédé à l’autopsie du cadavre, attribua le décès à « asphyxia due to strangulation ».
Pour les juges, la sentence infligée n’était ni harsh ni excessive.