Samuel Edgar, poursuivi pour homicide involontaire en Cour d’assises, a été condamné à 22 ans de prison. Il a été trouvé coupable d’avoir tué Veekram Boojhawon le 7 août 2008 en lui infligeant plusieurs coups de ciseaux lors d’une altercation. L’accusé avait plaidé coupable. La sentence a été prononcée hier par le juge Benjamin Marie Joseph.
Le procès de Samuel Edgar pour homicide sur la personne de Veekram Boojhawon s’est tenu le 21 septembre en Cour d’assises. L’accusé avait plaidé coupable du délit de manslaughter. Le juge Benjamin Joseph a, dans sa sentence, tenu compte des 933 jours que l’accusé a passés en détention, ainsi que son casier judiciaire, qui fait état de quelques délits pour lesquels il s’est rendu coupable, allant des actes de vol avec violence à des agressions.
Lors de sa déposition, l’accusé, qui était défendu par Me Bala Mukan, avait indiqué qu’il n’avait pas l’intention de tuer la victime. « Mo ti sou sa zour-la. Mo pa ti anvi touy li. Mo ti anvi selman pik li », a-t-il déclaré.
Le jour du drame, Samuel Edgar, âgé d’une trentaine d’années et qui opérait en tant que beach hawker pour vendre des colliers qu’il fabriquait avec des coraux, avait croisé la victime près d’une taverne après qu’il eut consommé plusieurs verres de vin. Il n’était pas très familier avec le jeune Veekram Bhoojawon, qui n’avait que 22 ans.
Les deux buvaient dans la même taverne. Samuel Edgar avait indiqué avoir dans le passé déjà eu maille à avec le frère de Veekram Bhoojawon au point de se bagarrer. Il a une cicatrice à l’arrière d’une oreille, une trace laissée par un coup que lui avait porté le frère de la victime. Ce jour-là, instinctivement, il s’est saisi d’une paire de ciseaux de son sac de travail. « Mo ti anvi pik li enn kout », avait-t-il déclaré à l’avocat de la poursuite qui voulait savoir s’il voulait se venger. « Mo pa ti ena vanzans kont li. »
Le Dr Satish Boolell, ancien Chief Police Medical Officer ayant pratiqué l’autopsie, avait lors de sa déposition en cour souligné qu’avec la quantité d’alcool que la victime avait dû consommer, il lui a été impossible d’offrir la moindre résistance aux coups que son agresseur l’assenait. Dans son rapport, qu’il a produit en cour, mention avait été faite des nombreuses blessures sur la victime.