Reconnus coupables par le magistrat Vijay Appadoo en cour intermédiaire, de « public official using his office for gratification », le Surintendant de police Mamode Amanoullah Oodally de la Cybercrime Unit a finalement écopé de trois mois de prison pour son délit alors que le sergent Subhiraj Dookhy a lui écopé de six mois de réclusion. Ils avaient réclamé un pot-de-vin à un certain Sanjay Oree en 2009 pour qu’il soit relâché sur parole.
L’Independent Commission Against Corruption (ICAC) reprochait au surintendant de police (SP) Mamode Amanoullah d’avoir, le 29 septembre 2009 aux Line Barracks, « whilst being a public official, willfully, unlawfully and criminally make use of his position for gratification ». Cet habitant de Morcellement La Grotte à Curepipe était responsable de la Cybercrime Unit du Central Criminal Investigation Department (CCID) au moment des faits. C’est dans une lettre au Commissaire de Police (CP) qu’un certain Sanjay Oree, arrêté en 2009 pour avoir utilisé le courrier électronique d’une femme pour envoyer des courriels à d’autres personnes, avait soutenu que ce haut gradé de la force policière lui avait réclamé un pot-de-vin de Rs 9 000 pour qu’il soit relâché sur parole. Le document avait été référé à la commission anticorruption pour approfondir l’enquête.
Le sergent Subhiraj Dookhy était celui qui avait consigné, lors de cette enquête, la déposition de Sanjay Oree. Selon ce dernier, le sergent Subhiraj Dookhy avait lui sollicité un pot-de-vin, le 12 octobre 2009, soit une somme de Rs 10 000, pour qu’il récupère son ordinateur portable qui avait été saisi lors de l’enquête policière. Le CCID avait demandé à ce dernier d’emmener son ordinateur portable afin que la section IT de la police puisse l’examiner. C’est dans l’après-midi, après la fermeture des tribunaux, que la police aurait décidé d’inculper le jeune homme qui avait alors dû rester en détention policière pour son inculpation provisoire le lendemain.
Lors des plaidoiries des hommes de loi, Me Gavin Glover, qui défend le sergent Dookhy, avait demandé à la cour de prendre en considération le fait que son client a un casier judiciaire vierge et aussi que cette affaire date de 2009 et que le procès a pris fin en 2017.
Me Yousuf Mohamed, l’homme de loi du surintendant de police, avait lui soutenu qu’aucune preuve n’a été fournie en cour démontrant qu’il y avait eu négociation pour verser de l’argent au policier.
Dans le prononcé de sa sentence, le magistrat Vijay Appadoo a rappelé la nécessité de protéger le public de la corruption. Il a souligné la gravité du délit, vu que ces deux hauts gradés ont fait usage de leur position pour obtenir un pot-de-vin.