– Le « solde » de Rs 5000 souhaité pour nettoyer les champs de canne

– Les employés en chômage technique du textile et du tourisme, entre autres, appelés par des planteurs à « prêter main forte à l’industrie sucrière »…

Les petits planteurs de canne sont dans l’expectative en ce qu’il s’agit des conditions dans lesquelles ils devront opérer pour la campagne sucrière de 2020, qui démarre dans la première semaine de juin. N’ayant pu se rendre dans les champs durant la période de confinement, ils demandent au gouvernement de leur verser le « solde » de Rs 5 000 de l’allocation de Rs 25 000 la tonne de sucre, qui leur avait été accordée en 2019. Un montant qui leur permettrait, selon eux, de procéder au nettoyage des champs de canne en prélude de la coupe 2020.

« Durant la période de confinement, nous n’avons pas pu nous rendre dans les champs, où les herbes envahissantes ont dû prendre place. On a donc besoin de cette somme d’argent pour acheter des produits herbicides », explique Kreepalloo Sunghoon, porte-parole de l’Association des petits planteurs. Il insiste également sur le fait que pour la coupe 2020, le gouvernement « doit renouveler sa promesse électorale d’accorder Rs 25 000 par tonne de sucre aux petits planteurs ». Au cas contraire, dit-il, il insistera pour une allocation de Rs 2 500 la tonne de canne.

Trois sucreries seront en opération, comme c’était le cas l’année dernière, à savoir Alteo, Terra et Omnicane. Et notre interlocuteur de rappeler que tout laisse croire que la coupe démarrera en juin. Cependant, poursuit-il, la totalité de la canne n’a pas été coupée l’année dernière, et le taux de sucre pourrait par conséquent être supérieur dans cette catégorie. Selon lui, avec les périodes de pluies de cette année, il se pourrait que la canne contienne plus d’eau. « C’est pourquoi l’association veillera à ce que la cargaison de l’année dernière ne soit pas mélangée à celle de cette année », et ce, afin d’éviter des pertes financières aux planteurs. Les planteurs se demandent par ailleurs aussi si le gouvernement a déjà finalisé son projet de vente de sucre à la Chine.

Les planteurs expriment aussi leurs craintes quant à un éventuel manque de main-d’œuvre pour la coupe 2020. Ils rappellent en effet que bon nombre de coupeurs de canne ont déjà atteint la soixantaine et la décision d’encourager les personnes de cet âge à « faire très attention avec le Covid-19 » risque de créer une « psychose » dans le secteur. Aussi demandent-ils aux employés actuellement en chômage technique dans d’autres secteurs, comme le textile et le tourisme, de venir « prêter main forte à l’industrie sucrière » en cette période.

Pour Devanand Ramjuttun, représentant du Joint Negotiating Panel (JNP), « il est temps que les négociations collectives reprennent pour une révision salariale » dans ce secteur. « Celles-ci sont très en retard en raison de la période de confinement. » Et de dire son souhait que le gouvernement « vienne très vite avec la réforme » de cette industrie après le déconfinement.

De son côté, le Sugar Insurance Fund Board (SIFB) a tenu à informer les planteurs et les métayers de moins de 300 hectares que, dans le cadre de la coupe 2020, leur enregistrement se fera automatiquement cette année, grâce aux données compilées l’année dernière. Ils n’auront de fait pas besoin de faire le déplacement pour se faire enregistrer. Et de préciser qu’ils recevront à partir du 1er juin leur carte d’enregistrement. Cependant, pour les nouveaux planteurs, ceux ayant recommencé à planter et en cas de l’application du droit de succession ou de modification dans la superficie de la plantation, l’expiration du bail ayant trait à la location de terrain, ces derniers doivent nécessairement prendre contact avec le SIFB (211-2354 ou 211-1285) du lundi au vendredi de 9h à 15h.

A noter pour conclure que la Mauritius Agricultural Cooperative Federation tient à informer ses membres que tous ses bureaux pour la vente de fertilisants sont désormais opérationnels. Pour rappel, environ 10 000 petits planteurs de canne sont recensés dans l’industrie sucrière.