Dans la grisaille du volley-ball mauricien marquée par une cruelle absence de triomphe aux Jeux des îles, aux Jeux de la CJSOI, aux différentes éditions de la Coupe des clubs champions de la zone 7 ou encore à des compétitions continentales depuis déjà dix ans, cette 20e édition de la Coupe des clubs champions de la zone 7 viendra-t-elle apporter une éclaircie ? Elles seront cinq équipes mauriciennes sur le pont à partir d’aujourd’hui pour affronter les représentants de l’île de La Réunion, de Madagascar, des Seychelles et de Mayotte. Une longue semaine à l’issue de laquelle seront connus les successeurs des équipes réunionnaises de Tampon Gecko Volley et de Saint-Denis Olympique au palmarès.
Depuis 1999, c’est toujours le même refrain. À quand une autre équipe mauricienne sur la plus haute marche du podium après la formation féminine de l’Union de Curepipe en 1996 et l’équipe masculine de la Fire Brigade trois ans plus tard ? Cette fois, les espoirs reposeront du côté du Curepipe Starlight et des Tranquebar Black Rangers chez les dames, du Quatre Bornes VBC, du Faucon Flacq Camp Ithier VBC et du Port Louis Red Star du côté masculin. Auréolée de son premier titre national, la formation curepipienne tentera de réaliser une meilleure prestation que celle enregistrée lors de la dernière édition quand elle avait échoué aux portes des demi-finales.
Outre ses joueuses d’expérience, le Curepipe Starlight a accueilli une guest-player en la personne d’Alison Labour, joueuse du Quatre Bornes VBC. « C’est une joueuse prometteuse qui nous sera utile aux contres », affirme Daniel Lam-Hing, responsable de la commission volley au sein du CSSC. Cette équipe a d’ailleurs préparé adéquatement cette compétition à travers un match amical face à l’équipe masculine d’Airports of Mauritius et sera logée dans un établissement hôtelier pendant toute cette semaine. « Cela permettra de renforcer l’esprit d’équipe et d’aborder cette échéance dans les meilleures conditions. Nous nous fierons à notre collectif, avec l’objectif d’aller le plus loin possible », soutient Daniel Lam-Hing. À Prisca Seerungen et ses coéquipières de relever le défi.
Un même défi pour les Tranquebar Black Rangers, qui ont échoué en finale de cette compétition en trois occasions. Absente la saison dernière, l’équipe de la capitale parviendra-t-elle à ses fins cette fois ? « Nous aborderons la compétition sans réelle pression. Si nous parvenons à franchir le premier tour, ce sera déjà un objectif d’atteint. Je m’attends à une bonne prestation, surtout avec un effectif plus complet », fait ressortir l’entraîneur José Bistoquet. Ce dernier pourra compter sur trois guest-players, à savoir Carla Brasse, Valérie Arlanda et Joanita Latour, alors que Véronique Douce apportera son expérience en tant que passeuse. La première sortie sera cruciale pour Martine Bistoquet et ses camarades, qui tenteront d’afficher d’emblée leurs prétentions.
Obstacles de taille
Face à ces deux équipes mauriciennes se dresseront des obstacles de taille tels que les Réunionnaises de Saint-Denis Olympique et du Volley-ball Côte Ouest, les Seychelloises de Cascade et les Malgaches de Stef’Auto. Les Dionysiennes, habituées de la consécration ces dernières années, paraissent bien armées pour maintenir leur hégémonie. David Françoise, qui a pris les rênes de l’équipe depuis deux ans, a placé la barre à très bonne hauteur. « Nous avons les moyens et l’équipe pour réaliser le Grand Chelem », a-t-il déclaré au Journal de l’île. Cindy Respaut, Françoise Técher et Sarah Payet sont venues renforcer un groupe au sein duquel Anne-Laure Fontenay demeure la joueuse la plus en vue. Le Volley-ball Côte Ouest se veut également ambitieux et son entraîneur, Lucie Bawedin, souhaite une place sur le podium. Elle pourra ainsi compter sur l’expérience d’Adèle Julie et Annabelle Dany, et la fougue des soeurs Bawedin (Inès et Valérie).
Quant à Stef’Auto, lauréat en 2011, il rêve d’effacer l’échec subi en finale lors de la dernière édition. Un instant incertaine en raison de problèmes financiers, l’équipe championne de la Grande île, placée sous la férule de Joël Rabenja, s’annonce comme un gros morceau. Il en sera de même pour Cascade, fort de la présence de six internationales. Par contre, l’équipe mahoraise de M’Tsapere sera en quête d’expérience et aura fort à faire pour soutenir la comparaison.
Chez les hommes, le Quatre Bornes VBC a encore en mémoire sa défaite subie en finale de l’édition 2003, alors que la victoire lui semblait promise. Cette fois, avec un troisième titre national en poche, la formation de la ville des fleurs aspire à évacuer à jamais ce mauvais souvenir. « Ce sera d’ailleurs l’occasion après quatorze longues années de disette. Nous souhaitons aller le plus loin possible », affirme le capitaine du groupe, Evans Sauteur. Au sein de cette équipe se trouve un joueur de carrière qui a mouillé son maillot au sein des Beach Boys, du Rivière-du-Rempart Star Knitwear VBC et du Port Louis Red Star. Nicolas Dupouy rêve donc d’ajouter cette consécration à son palmarès. « Ce sera l’apothéose et la cerise sur le gâteau. Tout joueur aspire à décrocher la palme dans cette compétition », laisse-t-il entendre du haut de ses 43 ans. A l’entraîneur Lindsay Wilson de galvaniser ses troupes.
Mauvais sort
Quant au Faucon Flacq Camp Ithier VBC, parviendra-t-il enfin à conjurer le mauvais sort ? Voilà une équipe qui s’est également inclinée en trois fois en finale et qui possède cette fois une ossature qui pourrait lui permettre de se retrouver sous les feux de la rampe. La venue des anciens du groupe, à savoir Gilbert Alfred et Stéphane Moonisamy, en tant que guest-players, apporte un nouveau souffle au groupe. L’entraîneur Dharmendra Gundowry a su remotiver ses protégés à l’issue de la perte du titre national. « Nous nous sommes resserré les coudes afin de nous remobiliser et de mieux nous concentrer sur cette compétition », a-t-il soutenu.
Troisième du dernier championnat, le Port Louis Red Star s’est lui aussi trouvé invité à la fête. Avec ses guest-players que sont Vickram Saulick et Bruno Anne, l’équipe de la capitale, à la recherche de sa gloire passée, ne voudra pas faire de la figuration. « L’enthousiasme des joueurs est présent. Participer à cette compétition constitue un bonus et nous espérons en sortir grandis », a laissé entendre l’entraîneur Sanjeev Jundoosing.
Reste que le Tampon Gecko Volley, présent en tant que tenant du titre, présentera des arguments valables. L’arrivée de Grégoire Capitaine, ancien joueur de Le Plessis-Robinson (Pro-B-France), constitue un plus au sein du groupe dirigé par Laurent Musnier. L’équipe championne de l’île soeur, le VBC Saint-Louis, ne sera pas en reste, surtout avec l’arrivée de Julien Combacal, Benjamin Casimir et le retour d’Arnaud Chaussalet. Madi attend beaucoup de ses joueurs. « Nous sommes toujours en phase travail et de réglages. Toutefois, nous attendons ce rendez-vous avec impatience. » Le VBC Saint-Leu, malgré le départ de Stanley Cès pour le Saint-Denis Olympique, pourra de son côté s’appuyer sur ses joueurs d’expérience que sont Mehdi Bendhamane, Fabrice Laroque, Alexandre Félicité et Denis Toussaint.
Pour ce qui est des deux équipes de Madagascar, la Gendarmerie Nationale, qui a décroché le titre suite au fait que l’AS Tiavo ait refusé de disputer la finale jusqu’au bout, semble posséder un groupe plus expérimenté mené par le tandem Eric et Zo. Quant au runner-up, il misera sur des jeunes expérimentés. Attention également aux deux équipes des Seychelles que sont Beau-Vallon et les Premium Spikers. Ian Furneau d’un côté et Guy Valentin de l’autre seront les joueurs à craindre. Il s’agira également de voir la progression des équipes mahoraises de M’Tsapere et Zamfi, qui parviennent à soutenir la comparaison au fil des éditions.