Elles avaient passé avec brio un premier test à travers le gala Afrique du Sud/Maurice l’année dernière. Désormais, Jessica Jocelyn et Ketty Rousseau s’apprêtent à franchir un autre palier en s’alignant à la Coupe du Monde de kick-boxing. En Hongrie dans une quinzaine de jours, les deux tireuses écriront une nouvelle page de cette discipline au niveau local en devenant les deux premiers éléments féminins à se retrouver dans la cour des grands, en attendant une éventuelle participation aux championnats du monde en octobre.
Les deux tireuses n’ont définitivement pas rechigné devant l’effort et les sacrifices pour vivre à fond cette première et entretenir le secret espoir de s’en sortir avec les honneurs. « Être présente aux séances d’entraînement six jours par semaine et posséder une bonne hygiène de vie : c’est la clé de la réussite et la façon de parvenir à ses fins », reconnaît Jessica Jocelyn. Elle qui avait fait ses premières armes au taekwondo sous la houlette de Sylvestre Yan Too Sang avant de vivre sa passion pour le kick-boxing suite aux encouragements de son beau-frère Karl Prosper, lui-même ancien tireur et actuellement entraîneur du comité régional de Beau Bassin Rose-Hill.
Avec sept victoires à son actif sur l’échiquier local, celle qui exerce en tant qu’Accounts Clerk à Velogic livrera sa première sortie internationale à Madagascar. Une défaite aux points était loin de la décourager. Lors du gala tenu en Afrique du Sud, son adversaire sera expédiée au tapis pour le compte. Tant et si bien que Jessica Jocelyn s’attend maintenant à des lendemains encore meilleurs.
« Je suis prête physiquement et moralement pour affronter cette compétition mondiale. J’ai connu une préparation adéquate et je vise une médaille », soutient-elle. Et d’ajouter avec un sourire en coin : « L’or de préférence. » Comme une reconnaissance pour ses parents qui l’ont toujours encouragée dans sa carrière sportive. Cette échéance achevée, Jessica Jocelyn avancera qu’elle fera montre de la même détermination et de la même témérité pour aborder cette fois les championnats du monde. « Ce sera encore plus dur, mais mon rêve le plus fou demeure de me retrouver sur la plus haute marche du podium. »
Cette même rage de vaincre et de parvenir aux sommets anime Ketty Rousseau. « C’est vraiment dur. Toutefois, si la passion est présente, rien n’est impossible », avance d’emblée celle qui a pris goût à cette discipline grâce à son époux, Jérémie, actuel président de la fédération. Pourtant, rien ne la prédestinait à une carrière dans un sport de combat ayant été dans le passé championne nationale du triple saut et ayant également brillé au 200 m dans les compétitions interrégions. Mais voilà, la transition a porté ses fruits et la satisfaction prime. « Le fait d’avoir pu rester dans ce giron après tant d’heures passées aux séances d’entraînement, avec tous les sacrifices et la discipline, constitue déjà une victoire », soutient-elle.
Qui plus est, son déplacement en Afrique du Sud, qui demeure le seul à ce jour, lui a permis de confirmer son potentiel à travers ce succès aux points. Reste toutefois un regret. « Je n’ai pu participer aux championnats d’Afrique et la Sud-Africaine a décroché la médaille d’argent. Comme quoi, j’aurais également pu aspirer à une place sur le podium. » Serait-ce partie remise pour Ketty Rousseau ? « Je me battrai certainement à fond pour l’obtention d’une médaille », affirme-t-elle avec une certaine conviction.
Les difficultés pour concilier sa vie familiale avec sa fille Léonie et sa carrière sportive de même que la mauvaise grippe qui l’a tenue éloignée des séances d’entraînement pendant environ une semaine ne devraient au bout du compte pas constituer des obstacles vers l’accomplissement de ses ambitions. Après les succès de ses tireurs, le kick-boxing mauricien aura maintenant à prouver qu’il se conjugue également au féminin.