Alors que le tribunal de Rotterdam aux Pays Bas avait accédé à la requête du Directeur des Poursuites publiques pour que les deux hauts cadres de la firme Boskalis International Jan Cornelius Haak et Antonius Theodorus De Goede puissent témoigner dans le procès intenté à Siddick Chady et Prakash Maunthrooa via vidéoconférence, la Cour de Rotterdam n’est désormais plus disposée à coopérer avec la justice mauricienne. La raison est due aux nombreux renvois dans cette affaire mais aussi à cause des problèmes de réseau internet lors de la vidéoconférence.
Le procès intenté à Siddick Chady, ancien ministre et ex-Chairman de la Mauritius Ports Authority et Prakash Maunthrooa, ancien directeur général de cette entité et actuellement Senior Advisor au Prime Minister’s Office, a été appelé hier en cour intermédiaire, devant la magistrate Wendy Rangan. Cette dernière devait faire état d’une correspondance de la magistrate de la Cour de Rotterdam, qui a indiqué qu’elle ne voulait plus que les deux témoins néerlandais ne déposent via vidéoconférence. La raison est due au fait que le témoignage du premier témoin à être entendu, Antonius Theodorus De Goede, a été interrompu à plusieurs reprises dû aux nombreuses motions logées par la défense et en raison de problèmes de réseau internet lors des séances. La poursuite, représentée par Me Jean-Michel Ah-Sen, devra communiquer sa décision sur la marche à suivre après ce nouveau développement, le 29 juin.
Les deux témoins néerlandais avaient fait le déplacement en juin 2013 pour témoigner dans l’affaire Boskalis. Leur audition avait toutefois été reportée suite à une motion logée par l’avocat de la défense, Me Saïd Toorbuth. Cependant, le samedi 8 juin 2013, Jan Cornelius Haak, qui avait obtenu l’immunité contre son témoignage, avait été retenu et menacé d’être arrêté à l’aéroport de Plaisance alors qu’il quittait le pays. Antonius Theodorus Johannes Wilhelmus de Goede avait quant à lui été autorisé à quitter le pays. Les deux hommes avaient par la suite refusé de retourner à Maurice pour témoigner.
Siddick Chady et Prakash Maunthrooa sont quant à eux poursuivis respectivement pour corruption alléguée et entente délictueuse dans l’allocation d’un contrat à Boskalis pour le dragage du port, en 2006. L’État reproche à Siddick Chady d’avoir « utilisé son poste d’officier public pour obtenir une gratification », en violation de la Prevention of Corruption Act (PoCA). Prakash Maunthrooa est quant à lui accusé de « aiding and abetting the author of a crime », soit d’avoir organisé une rencontre entre Siddick Chady et Pieter Boer, représentant de Boskalis, afin de faire bénéficier au premier nommé d’une gratification. Ils ont plaidé non-coupable.