Le magistrat Kevin Moorghen, qui a présidé l’enquête judiciaire instituée par le DPP pour faire la lumière sur les circonstances de l’incendie survenu chez Harish Boodhoo le 1er mars 2011, a rendu publiques ses conclusions ce matin en cour de Curepipe. Pour lui, il existe de fortes présomptions que le feu qui a pris dans le garage de l’ancien leader politique avant d’arriver à la devanture de sa résidence soit la conséquence d’un acte criminel.
Le président de cette enquête judiciaire, qui a fait parvenir au DPP le rapport de ses findings, soutient qu’un fire accelerant, c’est-à-dire une substance qui attise les flammes, a dû être utilisé. Ce qui expliquerait la vitesse avec laquelle le feu s’est développé.
Interrogé à sa sortie de la cour, Harish Boodhoo a tenu à remercier le magistrat pour la façon dont il a présidé cette enquête. « Se ki mo ena pou fer aster, mo pou dimann DPP ordonn reouvertir lanket la polis. Pou bisin kone ki bann responsab », a-t-il fait ressortir. Et d’ajouter que sa priorité demeure la restauration de la partie de sa maison détruite dans cet incendie. Il a fait des reproches à la SICOM, la compagnie chez laquelle sa maison est assurée, qui n’a pas cru devoir le dédommager.
Il semble que le magistrat se soit basé principalement sur le témoignage qu’avait donné Jane Maclean, ancienne directrice du laboratoire scientifique (FSL). Elle avait dit entre autres : « In my opinion, the fire was started by person (s) unknown distributing an accelerant around the back of the pickup truck and lighting it with a naked flame ». Elle avait aussi fait remarquer, dans un rapport qui contenait son témoignage : « The fire had started around the back of a diesel pickup truck. The fire had subsequently spread from this vehicule to a petrol Proton Saloon car parked in front under the carport ». Elle est d’avis qu’il y a eu beaucoup de flammes autour du pickup causées probablement par le réservoir de diesel en plastique qui a fondu.
« The burning diesel had then run down the slight out towards the main gate (Diesel will not cause an explosion but if pre-heated will add to the general fuel load of a fire). Examination of some burnt areas, which could not have been contaminated by the diesel spillage from the pickup truck tank revealed debris that smelt of accelerant, possibly petrol (although this would need to be confirmed by chemical analysis) », poursuit l’ancienne directrice du FSL.
Rappelons que cette appréhension a été confirmée par l’examen effectué par A. Domun, Senior Forensic Technologist du FSL qui a déposé son rapport lors d’une audience précédente de l’enquête judiciaire. En effet, il avait entrepris deux examens, l’un (DR1) sur les Fuses debris and soil from ground near rear offside tyre of van 6559DC10 et le second (DR2) sur les Charred debris and soil provenant de la partie se trouvant avant le pickup. Ses conclusions sont les suivantes : « Examination revealed the significant presence of motor spirit in Exhibit DR 2 only and the presence of diesel in both exhibits ». Et de terminer son rapport en rappelant que « Motor spirit is a highly flammable liquid ».