Le procès intenté par l’État contre Jean Brandon Cangy pour tentative de meurtre (attempt to manslaughter) s’est poursuivi aux Assises hier devant le juge Benjamin Marie-Joseph. La séance a été largement consacrée à la déposition de la victime. Leena C., 21 ans, est revenue sur le jour où elle s’est fait agresser au couteau en pleine rue à Bois-Rouge.
Le 23 juillet 2012, Leena C., 17 ans, alors élève du Friendship College, revenait de ses leçons particulières en compagnie d’une amie quand elle a croisé l’accusé. Ce dernier lui aurait lancé « mo ena pou koz avec toi » mais elle a refusé. Devant son refus, l’accusé a sorti un couteau qu’il avait caché sous ses vêtements, avec lequel il a frappé la victime au ventre et à l’épaule. Leena C. a tenté de se défendre alors que l’arme était pointée vers sa gorge. Elle a expliqué en cour avoir attrapé la lame du couteau avec sa main et avoir exercé une pression. Le manche de l’arme s’est détaché de la lame. « Je n’ai pas pu s’enfuir car il m’a attrapée. Brandon ti dir li pou touy moi », soutient la jeune femme. Cette dernière s’est retrouvée à terre et en sang, mais l’accusé a continué à s’acharner sur elle en lui donnant des coups de pied et en la frappant avec la main. « Monn finn kriye », relate-elle. Finalement, l’accusé a pris la fuite. « Mo kamarad finn telefonn mo mama. Mo ti pe segne et pe gagn douler ». Elle avait été emmenée à l’hôpital du Nord où elle a subi une intervention chirurgicale. Par la suite, elle a été transférée dans une clinique privée. Leena C. a montré à la cour où elle a reçu les coups de couteau sur son corps et avance qu’elle porte encore des cicatrices de ses blessures.
À une question de Me Johan Mootoo-Leckning, Senior Assistant DPP et représentante de la poursuite, Leena C. a déclaré qu’elle ne connaissait pas Jean Brandon Cangy intimement, ni n’avait-elle une quelconque relation avec lui. « Brandon rest dan mem simin ki moi », a affirmé la jeune femme, qui a aujourd’hui 21 ans.
La défense, assurée par Me Ashley Hurrhangee, a axé son point sur la nature de la relation entre la victime et l’accusé. L’avocat a présenté en cour deux lettres d’amour envoyées par Leena C. à Brandon Cangy, où elle avoue ses sentiments et son espoir de faire sa vie avec lui. D’ailleurs, elle n’a pas nié en cour qu’elle avait écrit ces correspondances, qui portent sa signature, juste avant son agression. « Vous avez menti en déclarant que vous ne connaissez pas l’accusé ? Vous avez également menti en consignant votre déposition en présence de votre père ? » a soutenu la défense. « Je ne souhaite pas répondre dessus », a répondu le témoin.
L’amie qui l’avait accompagnée le jour de l’agression a également déposé dans le box des témoins hier. Elle a affirmé que Leena C. entretenait une liaison amoureuse avec l’accusé. Alors que ce dernier assenait des coups de couteau à son camarade, elle a couru vers la maison de son enseignant pour chercher de l’aide. Puis, elle a téléphoné à la mère de la victime lui demandant de venir sur place. La séance se poursuit ce jeudi avec la déposition des autres témoins dans ce procès.