Condamné à 40 ans de prison par la juge Saheeda Peeroo en juin 2011, Jean Mervin Roberto Lotoah a fait appel du verdict des jurés. Il était accusé de tentative d’assassinat et de viol de la petite Anita Jolita. Le Chef juge Bernard Sik Yuen et les juges Asraf Caunhye et Bushan Domah ont maintenu la condamnation de l’appelant. Ils ont toutefois demandé que le temps passé en détention préventive en attendant l’appel soit considéré.
Le meurtre d’Anita Jolita, âgée de deux ans et demi au moment des faits, avait défrayé la chronique en juillet 2005. Jean Mervin Roberto Lotoah, âgé de 19 ans au moment du drame, répondait d’une accusation de viol sous l’article 249 (1) du Code pénal et de tentative de meurtre avec préméditation sous les articles 216, 217 et 222 (1) (b) du Code criminel et des articles 2 et 45 de l’Interpretation and General Clauses Act. Il est représenté par Me Mannish Ajodah lors de son procès aux Assises et a retenu encore une fois ses services ainsi que ceux de l’avoué Me Rajendra Appa Jala pour interjeter appel du verdict. Le 13 juin 2011, l’accusé a été condamné à 40 ans de servitude pénale par la juge Saheeda Peeroo.
Les neufs jurés avaient déclaré Jean Mervin Roberto Lotoah coupable des charges reprochées à une majorité de sept contre deux. Il y avait plusieurs motions lors du procès, notamment une motion de voir dire, contestant l’admissibilité des Statements dans lesquels Lotoah avait avoué son méfait. Il alléguait que ses aveux avaient été obtenus par la menace et la violence dans les locaux de la Criminal Investigation Division (CID) de Mahébourg. Toutefois, la juge Peeroo n’était pas en faveur de cette version car les membres du Detention Centre, où le prévenu était on remand, n’ont relevé aucune blessure sur lui et ce dernier ne s’est plaint au magistrat de la Cour de Mahébourg qu’à la fin de l’enquête préliminaire.
Ludovic Prodigue, l’autre accusé dans cette affaire, a quant à lui été condamné à 26 ans de réclusion criminelle par la juge Premila Balgobin le lundi 4 octobre 2010. Ayant plaidé coupable, il a eu un separate trial et a ensuite témoigné contre Jean Mervin Roberto Lotoah. Le témoin avait expliqué que l’appelant l’avait invité à « fer malelve ». Il devait relater comment ils ont emmené la fillette près de la plage à La Source pour abuser d’elle sexuellement. L’appelant a alors mis le corps sans vie d’Anita Jolita dans un sac en plastique et l’a jeté à la mer. Le jeune homme avait toutefois répété plus d’une quarantaine de fois « mo pa kone » aux questions de l’avocat de la défense. Selon ce dernier, Prodigue n’est pas un témoin crédible.
La seule voie de recours soulevée devant la Cour d’appel soutient que « the verdict of the Jury should be set aside ». Selon les hommes de loi de l’appelant, la décision n’est pas raisonnable, ne pouvant être soutenue compte tenu des preuves devant la Cour. Ils sont d’avis que la poursuite n’a pas prouvé les accusations « beyond reasonable doubt ». Mes Mannish Ajodah et Rajendra Appa Jala ont soutenu que cette affaire comportant plusieurs contradictions, un verdict d’acquittement aurait dû être prononcé.
L’appel a été contesté par Mes Rehnu Karuna Gowry-Bhurrut (Senior State Counsel) et Kesrie Soochit (State Counsel) ; le Chef juge Bernard Sik Yuen ainsi que les juges Asraf Caunhye et Bushan Domah ont maintenu la décision des Assises. Le Full Bench a toutefois souligné que le temps passé on remand pending appeal doit être considéré.
Le Dr Satish Boolell, ancien Chief Police Medical Officer, qui avait été appelé à témoigner pendant le procès, a souligné que la mort de la fillette est due à l’exsanguination provoquée par des saignements au niveau des orifices sexuels. La fillette avait reçu des coups au visage causant des blessures aux lèvres et un traumatisme crânien. Le médecin légiste a expliqué qu’Anita Jolita a saigné à blanc, entraînant ainsi sa mort.