Un ancien gestionnaire de ferme, employé par la compagnie Le Petit Morne Ltd depuis 1997, a perdu son procès en réclamation de Rs 8 641 033 contre son ancien employeur, soutenant qu’il avait été injustement licencié. La magistrate Ratna Seetohul-Toolsee, siégeant en Cour industrielle, a donné gain de cause à l’employeur, statuant que ce dernier n’a pas agi de mauvaise foi en congédiant son employé pour « mauvaise performance ».
Le Petit Morne Ltd, ayant pour principale activité la production de cerfs pour être vendus sur le marché, avait licencié son gestionnaire de ferme le 17 avril 2009. La disparition de cerfs qui étaient sous sa responsabilité était la principale raison de son licenciement. L’employeur avait tout d’abord suspendu l’ancien gestionnaire mais ce dernier ne s’était pas pointé au comité disciplinaire pour discuter de son cas. Durant ce comité, qui a eu lieu en l’absence de l’ex-employé, la mise à pied de ce dernier a été décidée. L’ex-employé, lui, soutenait avoir été injustement licencié et réclamait Rs 8 641 033 à son employeur, représentant trois mois de préavis et d’indemnités de départ.
En tant que gestionnaire de la ferme, l’ex-employé avait parmi ses activités le décompte annuel de cerfs. Toutefois, le directeur de la compagnie indique que l’ex-employé ne l’avait pas informé pendant des mois qu’un nombre conséquent de cerfs avait disparu, alors qu’une commande importante avait été faite. Il soutient également qu’après maintes requêtes pour le décompte des cerfs, ce n’est que quelques mois plus tard que son ex-employé lui a révélé que leur nombre a été réduit drastiquement au fil des ans et qu’il en prenait l’entière responsabilité. Pour sa défense, l’ex-employé a soutenu que les gardiens de la ferme étaient impliqués dans la chasse illégale de ces cerfs. Il a concédé qu’« étant angoissé », il avait attendu des mois pour faire état des pertes et ne s’était pas rendu au comité disciplinaire car il avait déjà été licencié. La compagnie lui reprochait donc d’avoir failli dans sa gestion de la ferme « en ayant permis une réduction du troupeau par plus de 100 têtes » et pour avoir « manqué d’évaluer le nombre de cerfs disponibles pour la vente ». La magistrate a alors statué que le licenciement du gestionnaire de la ferme « était justifiable ».