Les juges Asraf Caunhye et Gérard Angoh ont rejeté l’appel logé par la Maydon Fashion, une usine de lingerie. Logamani Vithaila Govindan et Seela Amoorgapillay avaient en effet obtenu gain de cause en Cour industrielle, qui avait conclu que celles-ci avaient été injustement licenciées par leur employeur. Ces derniers devront donc les indemniser à un taux punitif et les compenser pour le préavis qu’elles auraient dû percevoir pour leur mise à pied.
L’une des anciennes employées – qui travaillaient toutes deux comme Wages Clerks – s’était jointe à la compagnie en novembre 1987 et l’autre 12 mois plus tard. Du lundi au vendredi, elles avaient l’habitude de commencer leur travail à 8 heures pour terminer à 16h30, et de 8 heures à 13 heures les samedis. Or, le 23 juillet 2007, la directrice de l’usine, Mme Renghen, leur a annoncé un changement d’horaire, également valable pour une collègue, Kavita Beechooa. En l’occurrence, elles devaient désormais arriver à l’usine vers 7h30, soit une demi-heure plus tôt. Les deux employées concernées ont alors tenté d’expliquer qu’il leur serait difficile de s’adapter à ce changement du jour au lendemain. A la suite de quoi leur employeur leur a demandé de démissionner, et ce sans que ne leur soit permis de discuter de cette décision unilatérale. Au cours des jours suivants, lors de leur arrivée à l’usine vers 7h55, l’accès leur a été refusé par les gardes de sécurité postés à l’entrée. Pour les employées, la direction de l’usine a donc décidé de mettre un terme à leur contrat de travail le 26 juillet 2007, sans donner de préavis et sans justification.
L’histoire ne s’arrête pas là puisque, 18 jours plus tard, la direction leur a fait parvenir un courrier dans lequel il leur a été demandé de reprendre leur travail dans les 48 heures à dater de la réception de la correspondance. Et de préciser que si elles ne reprenaient pas leur poste, il serait conclut qu’elles ont délaissé leur travail de leur propre gré, équivalant donc à une rupture de leur contrat de travail.
Les anciennes employées ont cependant décidé de porter l’affaire devant la Cour industrielle. Les juges arrivent à la conclusion suivante : « We consider that the learned Magistrate was perfectly entitled and justified in the circumstances to reject the appellant’s claim that the respondents had, by their failure to resume work, abandoned or terminated their employment. On the other hand, the circumstances in
which the appellant had, by preventing the respondents from attending work instead of resorting to disciplinary measures which were available, fully support the contention that it was the appellant which had effectively and unlawfully terminated the respondents’ employment. »