Le jugement prévu pour être rendu ce matin dans le procès de complot intenté au notaire Vinay Deelchand, ainsi qu’à Sandeep Appadoo, Mahendra Choonea et Dharmanand Sambon a été renvoyé au 25 mars prochain, a annoncé la magistrate Anjelee Ramdin siégeant en Cour criminelle intermédiaire. Pour rappel, dans ce procès, les accusés, qui ont plaidé non coupable, étaient défendus par Me Jacques Panglose et Marie-Lourdes Lam Hung, alors que Me Carole Green-Jokhoo a soutenu l’accusation.
Lors d’une audience, le témoin à charge Antoine Chetty, interrogé par Me Greene-Jokhoo, a confirmé ce qu’il avait déclaré aux enquêteurs : que le dénommé Anwar Toorabally s’était rendu, un jour, à la Pearl House, où se trouvaient le bureau de Sandeep Appadoo et l’étude de Me Deelchand. Il était accompagné d’une quinzaine de personnes et était venu régler un problème de terrain. Par la suite, a ajouté le témoin, les instructions qu’il aurait reçues des accusés étaient de « b… kout koktel molotov lor so lakaz ek si kapav bril so figir kout lasid ». Il a expliqué qu’il n’a toutefois pas suivi à la lettre ces instructions, précisant que Vinay Deelchand lui aurait donné l’adresse de Toorabally et lui aurait présenté deux hommes (c’est-à-dire ceux d’Antoine Chetty) qui auraient exécuté ses ordres, qui étaient de commettre le crime d’incendie. Il a rappelé qu’il avait été poursuivi pour cet acte et qu’il purge actuellement une peine de prison pour cela. Répondant toujours à l’avocate de la poursuite, il a laissé entendre qu’il aurait oublié l’identité des deux complices.
Antoine Chetty avait été ensuite contre-interrogé par Me Panglose. Aux questions de l’avocat de la défense, il a expliqué que sept années se sont écoulées depuis que la police a ouvert l’enquête dans cette affaire, ajoutant que c’est pour cela que les noms de certaines personnes lui échappent. Anwar Toorabally avait dit de son côté qu’il a effectivement eu des démêlés avec les accusés en 2000 à la suite de la vente d’un terrain d’une superficie de trois arpents à un habitant de Montagne-Longue pour la somme de Rs 3 millions. L’acquéreur ne lui avait remis qu’un million. Le terrain avait, par la suite, été racheté par les accusés, qui envisageaient de créer un morcellement. Il avait été convenu, selon les dires du témoin, que ces derniers allaient lui remettre la somme restante. Mais comme ils lui promettaient qu’éventuellement ils le paieraient, il avait perdu patience ; d’où sa visite à la Pearl House. Il devait aussi déclarer que durant le mois d’août 2000 sa 4×4 a été incendiée.