Kevin et Suryaraj Nawosah ont été poursuivis en Cour intermédiaire pour avoir acheté des jetons dans une maison de jeux à Mahébourg avec un billet de Rs 500 contrefait. La magistrate Wendy Rangan, dans son jugement, a pris note du rapport de la banque de Maurice, qui affirme que le billet de Rs 500 était bien un faux.
Les deux hommes étaient accusés d’avoir remis un billet de Rs 500 à la caissière d’une maison de jeux tout en sachant qu’il était contrefait. Les deux hommes avaient plaidé non-coupables lors du procès et étaient représentés par Me Baboolall. Les faits se sont produits le 28 août 2011. Selon la caissière de la maison de jeux, située sur la route royale de Mahébourg, les deux accusés, qui se trouvaient dans l’établissement, auraient acheté pour Rs 100 de jetons avec un billet de Rs 500, demandant à recevoir leur monnaie avec empressement.
Une fois en possession du billet, la caissière a remarqué qu’il n’avait pas la même dimension qu’un billet authentique de Rs 500 « et ne portait pas le symbole du dodo ». Elle a alors téléphoné à son employeur pour l’informer de la situation. Ce dernier est alors intervenu quelques moments plus tard avec la police, qui a procédé à l’arrestation des deux hommes.
Le PC Soondur, qui a été mandé sur les lieux ce jour-là, devait indiquer en Cour que les deux accusés avaient coopéré avec la police et qu’ils avaient signé sur l’enveloppe contenant le billet contrefait, laquelle a été déposée à la BOM à des fins d’examens. Le constable devait ajouter qu’une fouille avait été effectuée au domicile de Kevin Nawosah et que rien de suspect n’y avait été trouvé. Selon la version des accusés, le jour de l’incident, ils avaient payé avec un billet de Rs 500 et avaient reçu leur monnaie. Ce n’est qu’après une vingtaine de minutes que l’employeur serait intervenu pour informer les personnes présentes qu’un faux billet de Rs 500 avait été retrouvé dans la caisse. Les deux hommes avaient affirmé, dans leur déposition à la police, qu’ils ne savaient pas que le billet était faux. « C’était après avoir fait des achats à Mahébourg que j’ai reçu ce billet de Rs 500 », avait déclaré Kevin Nawosah. L’avocat des deux accusés devait déclarer, pour leur défense, qu’une caméra de surveillance et une machine étaient disponibles à la maison de jeux pour confirmer les preuves de la poursuite, mais que ces derniers n’avaient pas utilisé ces outils. De plus, l’avocat devait expliquer à la cour qu’elle ne pouvait se fier qu’au témoignage de la caissière, qui aurait pourtant raconté une tout autre version à la barre. Dans son jugement, la magistrate devait cependant conclure que la version de la caissière était « crédible » et que ses affirmations, en présence des deux accusés, et selon lesquelles elle avait reçu un billet contrefait et qu’elle avait identifié ces derniers, n’avaient pas été remis en question. La magistrate a donc estimé que la version de la caissière tenait la route, et ce même si elle n’avait pas utilisé la machine de vérification. D’autant que les conclusions de la BOM concordent avec sa version. De plus, la magistrate devait rappeler l’empressement des deux accusés à la caisse pour recevoir leur monnaie et la dimension du billet, qui démontrait clairement qu’il n’était pas authentique, prouvant ainsi, selon elle, que les deux hommes savaient qu’ils étaient en possession d’un billet contrefait. Reconnus coupables, les deux hommes connaîtront leur sentence ultérieurement.