Le procès intenté aux présumés pirates pour acte de piraterie en haute mer s’est poursuivi hier devant le magistrat Azam Neerooa. Mais, en l’absence de la magistrate Wendy Rangan et deux avocats de la défense, il a été ajourné au lundi 18 novembre. Les douze présumés pirates ont de leur côté fait part de leur mécontentement concernant le retard que prend le procès. Ils se sont par ailleurs interrogés sur la présence des personnes qui les avaient arrêtés.
Après le renvoi du procès au 18 novembre, les pirates ont élevé la voix contre cette décision. Les douze détenus estiment que le procès prend trop de temps. Par ailleurs, ils ont demandé que les personnes qui les avaient arrêtés soient présentes en cour, car ils soutiennent qu’elles les ont maltraités.
Le procès a été ajourné en raison de l’absence de la magistrate Wendy Rangan et de deux avocats de la défense. Lors des dernières audiences, les magistrats Azam Neerooa et Wendy Rangan avaient rejeté deux motions de la défense, l’une demandant que les échanges entre l’Union européenne et les autorités mauriciennes leurs soient communiquées et l’autre contestant l’admissibilité du transfer of exhibit form présenté en cour.
Pour rappel, le Directeur des poursuites publiques a ordonné des poursuites contre les 12 présumés pirates somaliens arrêtés en janvier lors d’une opération de l’European Union Naval Force. Ils sont accusés d’act of piracy on high seas en violation des articles 3 (1) (a), 3 (3) et 7 de la Maritime Violence Act 2011. Selon les données de l’enquête, Abdoulakader Mohamed Ali (22 ans), Said Mohamed Hassan (23 ans), Ahmed Mohamed Ismael (27 ans), Shafi Mohamed Osman (22 ans), Hassan Salad Omar (25 ans), Said Omar Farah (22 ans), Mohamed Abdilahi Ahmed (45 ans), Ali Hassan Mohamed (21 ans), Abdi Mohamed Kidiye (37 ans), Abdi Ahmed Yussuf (20 ans), Abdillahi Mohamed Ahmed (24 ans) et Mahad Mohamed Ibrahim (21 ans) ont été appréhendés à environ 240 milles nautiques de la côte de la Somalie lors d’une opération de l’European Union Naval Force. Les 12 suspects ont cependant nié être des pirates, soutenant n’être que de simples pêcheurs.
Suite à un accord entre l’European Union Naval Force et le gouvernement mauricien, une demande a été faite pour leur transfèrement à Maurice le 24 janvier. Ce jour-là, tout un dispositif avait été mis en place pour assurer que les douze présumés pirates somaliens débarquent sans encombre à Maurice. Ils sont venus sous forte escorte en provenance de Djibouti à bord d’un appareil 5Y – BRX, spécialement affrété, qui a fait escale à Madagascar en cours d’après-midi lors de ce trajet de six heures environ. Cette opération s’est déroulée selon le protocole établi dans le cadre de l’European Union Operation ATALANTA dans la lutte contre la piraterie dans cette partie de l’océan Indien, notamment au large des côtes somaliennes. Pas moins d’une centaine de membres de différentes sections de la force policière, ont été déployés dans l’enceinte du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport la veille dans la soirée. Deux observateurs étrangers, le lieutenant commandant de la Royal Navy, John Simpson, Liaison Officer pour Maurice et les Seychelles basé à Mahé, et le Logistics Manager du Counter Piracy Programme du United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC), avaient fait le déplacement à Maurice afin d’assurer la supervision des opérations de transfèrement de détenus somaliens.