Le procès intenté à l’ex-Premier ministre, Navin Ramgoolam, ainsi qu’aux ex-DCP Dev Jokhoo et Ravine Sooroojebally, concernant les incidents survenus au bungalow de Roches-Noires dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011, s’est poursuivi hier avec le contre-interrogatoire du témoin vedette Rakesh Gooljaury. Me Narghis Bhundun, l’avocate de Ravine Sooroojebally, s’est attardée sur les finances de ce dernier et a, à maintes reprises, fait remarquer à la cour qu’en dépit de la situation financière « difficile » du témoin, ce dernier avait pu honorer ses dettes, notamment celle de Rs 12 M pour le loyer au Caudan. « Malgre ou ena difikilte finansie, sa pann anpes ou rant dan enn “agreement” pou repey Caudan », lui a lancé l’avocate.
Me Narghis Bhundun avait auparavant longuement interrogé le témoin sur les événements de la nuit du 2 au 3 juillet 2011, lui lançant à quelques reprises : « Ou pa koz menti ou, tou seki ou finn dir se la verite mem. » Rakesh Gooljaury soutient à son tour que depuis le début, il « ne dit que la vérité ». Il maintient que Dev Jokhoo et Ravin Sooroojebally étaient bel et bien présents au bungalow de Roches-Noires après l’épisode du vol.
Un autre volet de son contre-interrogatoire a été consacré à sa situation financière. Rakesh Gooljaury a insisté sur le fait que c’est sa compagne, Farhana Farouk Hossen, qui « est propriétaire et gère les compagnies », et qu’il ne fait que lui prêter main-forte dans ses affaires. « Ou pe dir nou ki ou pa travay, ou madam ki okip ou ki roule lakwizin », relève Me Narghis Bhundun.
L’avocate revient alors sur un voyage qu’il avait effectué à Londres en compagnie de Farhana Farouk Hossen le 19 mai 2017. « Ki ou ti al fer laba ? » lui a demandé Me Bundhun. « Je m’y étais rendu pour des examens médicaux », a répondu le témoin. Me Bhundun réclame plus de détails sur ces tests médicaux, ce à quoi a objecté la poursuite arguant que cette information n’a « rien à voir » avec le procès. « Ou ti kone misye Farouk Hossen ti Londres sa semenn-la », souligne l’avocate.
L’avocate de Ravin Sooroojbally a abordé également le chapitre de son divorce. Elle lui a rappelé qu’il avait promis de donner à son épouse Rs 20 M malgré le fait qu’il était endetté. « Si ou ti kone ou ena problem larzan, kifer ou finn promet tou sa la ? » interroge Me Bhundun. « Mo ti pe sey rekoumans travay », répond Rakesh Gooljaury.
L’avocate poursuit sa démarche pour lui faire remarquer que malgré ses dettes, il a tenté d’honorer ses redevances financières, notamment envers le Caudan, à qui il devait Rs 12 M en termes de loyers impayés. « Malgre ou ena difikilte finansie, sa pann anpes ou rant dan enn “agreement” pou repey Caudan », lance l’avocate. « Mo pa pou kav dir plis, ena “case” lakour deza lor la », rétorque Rakesh Gooljaury. Me Mooloo Gujadhur, l’avocat de Dev Jokhoo, procédera au contre-interrogatoire du témoin le 4 décembre.
Navin Ramgoolam et les deux coaccusés, l’ancien directeur général du National Security Service, le Deputy Commissioner of Police Dev Jokhoo, et l’ancien patron de la VIPSU, l’ex-DCP Ravine Sooroojebally, ont plaidé non coupable du délit de complot dans l’affaire Roches-Noires, où l’ancien Premier ministre avait été agressé à coups de tournevis par un individu dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011, en présence de Nandanee Soornack. Ils répondent d’une charge de “conspiracy to do an unlawful act, namely effecting public mischief in breach of Section 109 of the Criminal Code”.
Navin Ramgoolam est défendu par Me Gavin Glover, SC, sir Hamid Moollan, SC, ainsi que par Mes Shawkat Oozeer et Hisham Oozeer. La défense de Ravine Sooroojebally est, elle, assurée par Me Nargis Bundhun et celle de Dev Jokhoo par Mes Mooloo Gujadhur, Kevin Luckeeram et Shyam Servansingh. La poursuite, pour sa part, est représentée par Mes Mohana Naidoo, Keshri Soochit et Jean-Michel Ah Sen.