Le procès intenté à Siddick Chady et Prakash Maunthrooa dans l’affaire Boskalis a repris hier en cour intermédiaire devant la magistrate Wendy Rangan. La défense a réclamé l’arrêt du procès, affirmant n’avoir pas reçu un document essentiel pour sa bonne tenue, pour se raviser par la suite.
La séance a débuté avec le contre-interrogatoire de Gilbert Philippe, ex-conseiller du Premier ministre pour le secteur portuaire. La poursuite devait le questionner sur les Rs 25 000 qu’il aurait reçues par versement au nom de Siddick Chady. La poursuite a présenté un document concernant des mails échangés entre Gilbert Philippe et sa banque à Singapour en 2008. L’homme de loi de Siddick Chady, Me Said Toorbuth, a alors réagi en affirmant que ces documents présentés en cour ne lui avaient pas été communiqués et a dénoncé la manière injuste dont la poursuite a entamé le procès, évoquant un « trial by ambush ». L’homme de loi de Prakash Maunthrooa, Me Roshi Badhain, s’est joint à la motion de la défense.
Pour sa part, Me Rashid Ahmine, représentant la poursuite, a déclaré que celle-ci a agi en bonne foi et avait fait le nécessaire afin que lesdits documents soient communiqués à la défense. En aucun cas, dit-il, la poursuite aurait présenté un document en cour sans que la défense ne soit au courant de la teneur du document en question. La magistrate Wendy Rangan a alors ajourné le procès pour 13 h 30.
Lors de la reprise, les avocats de la défense ont fait comprendre que lorsqu’ils avaient parcouru les documents communiqués par la poursuite, ils ont retrouvé une copie du mail échangé par Gilbert Philippe et sa banque mais que la copie avait été « wrongly attached », évoquant une lettre qui n’a aucun rapport avec le contenu du mail. Les avocats de la défense ont alors retiré leur motion concernant l’arrêt du procès. La magistrate Rangan a ajourné le procès pour mardi prochain. Le contre-interrogatoire de Gilbert Philippe se poursuivra ce jour-là.
Pour rappel, Chady et Maunthrooa sont poursuivi respectivement pour corruption alléguée et entente délictueuse. L’État reproche à Siddick Chady (ancien député et ministre travailliste) d’avoir « utilisé son poste d’officier public pour obtenir une gratification », en violation de la Prevention and corruption Act (POCA). Prakash Maunthrooa (ancien directeur général de la MPA) est quant à lui accusé de « aiding and abetting the author of a crime », soit d’avoir organisé une rencontre entre Chady et Pieter Boer, représentant de Boskalis, afin de faire bénéficier au premier une gratification.