Joseph Wenceslas Mootoosamy et Jean-Pierre Michael Stephen étaient poursuivis en Cour intermédiaire sous une plusieurs charges de “cheating” en violation à la Gambling Regulation Act. Joseph Wenceslas Mootoosamy, propriétaire de chevaux, ainsi que Jean-Pierre Michael Stephen, Stable Superviser à l’écurie Ramdour, était accusé d’avoir administré deux produits, soit du Ginseng Gelée Royale aux chevaux Soviet Sun, Panthaneira, Galaxy Way et Polar Falcon, ainsi que de la crème Phenylarthrite au cheval Time to Dance afin d’améliorer leurs performances aux journées internationales des 4 et 5 décembre 2010. La magistrate Razia Janno-Jaunbocus a trouvé que la poursuite n’avait pas réussi à établir que ces produits avaient eu un effet sur la performance de ces chevaux.
Joseph Wenceslas Mootoosamy, qui supervise aussi l’entraînement de ces chevaux, avec ceux de l’écurie Merven, se voyait reprocher d’avoir, le 29 novembre 2010, donné des instructions à un certain Henraj Mohun pour acheter une boîte de 20 ampoules de Ginseng Gelée Royale afin de les donner le 30 novembre, après les sessions d’entraînement du matin. Hemraj Mohun aurait alors « oublié » de donner le produit aux chevaux et, le 2 décembre, lorsqu’il en aurait informé Joseph Wenceslas Mootoosamy, ce dernier lui aurait dit d’aller de l’avant avec l’administration du produit. Pour sa défense, le premier accusé avait déclaré qu’il n’était pas au courant que le Ginseng Gelée Royale contenait de la caféine, ajoutant qu’il était courant pour les vétérinaires de prescrire ce produit pour les chevaux fatigués. Il avait nié le fait que ce produit peut augmenter la performance de l’animal.
Jean-Pierre Michael Stephen avait, lui, concédé en cour qu’il avait demandé à un certain M. Thakoor d’appliquer de la crème Phenylarthrite sur le cheval Time to Dance car ce dernier était blessé au dos. Et d’indiquer dans le même temps que ce produit « se vend partout » et sert à soulager des enflures. Tous deux avaient plaidé non coupable.
La magistrate devait faire ressortir dans ses conclusions que pour que la charge de “cheating” soit établie, la poursuite devait démontrer que « any person who administers or causes to be administered to any horse which is in training for the purpose of participating in a horse-race, by invasive or noninvasive routes, including oral, rectal, transdermal, intradermal, subcutaneous, intramuscular, intravenous or any other route whatsoever – any other substance which may act as a stimulant or depressant thus affecting the speed, stamina, courage, conduct or performance of a horse during a horse-race or prior to such race ». Or, le Laboratory Manager du Mauritius Turf Club, qui avait procédé à l’analyse de l’urine des chevaux et qui devait venir témoigner en cour, ne s’est jamais présenté, bien que ce procès ait connu plusieurs renvois. La magistrate Razia Jannoo-Jaunbocus a  rappelé que « ce n’est pas le travail de la cour de chercher les pièces à conviction qui manquent ». Face à cette situation, les deux accusés ont été blanchis. « To secure a conviction, it was incumbent upon the prosecution to prove that the performance of the horses were affected by the administration of stimulant. It certainly is not for the Court to evolve missing links of proof out of its own inner consciousness », est-il écrit dans le jugement.