La Government Teacher’s Union, le puissant syndicat des enseignants du secteur primaire public, devrait-il, à partir du lundi 28 septembre prochain, se chercher un autre président ? C’est vraisemblablement le scénario vers lequel se dirige cette respectable organisation qui a souvent marqué l’histoire du syndicalisme local après la condamnation, jeudi dernier, de l’actuel titulaire du poste, Vinod Seegum, par la Cour intermédiaire.
Le bouillant syndicaliste se retrouve effectivement dans la mélasse après avoir été trouvé coupable, jeudi dernier, d’envoi de messages désobligeants et diffamatoires, via Facebook, à l’ancienne Public Relations Officer de la Federation of Civil Service and other Unions (FCSO). Et, déjà, on voit mal comment il pourrait conserver son poste après que la justice a retenu contre lui pas moins de trois charges de “using an information and communication service for the purpose of causing annoyance to another person” très lourdement sanctionnées d’amendes et passibles d’une peine d’emprisonnement en vertu des articles 46 (h) (ii) et 47 de l’ICTA.
Vinod Seegum avait plaidé non coupable et avait retenu les services de Me Ashok Radhakissoon, soit un des meilleurs avocats du pays spécialisés dans le domaine du Droit des nouvelles technologies de l’information. Il a reconnu avoir été l’auteur des messages qui lui sont reprochés, mais a plaidé n’avoir eu aucune intention de blesser la plaignante.
Les faits incriminés se sont déroulés dans la soirée du 19 mai 2012 dans le sillage des élections pour le renouvellement du bureau exécutif de la FCSOU. A l’époque, Vinod Seegum était déjà président de la GTU et ce syndicat était encore affilié à la FCSOU. Il entendait prendre également la tête de cette fédération, mais sur son chemin il trouva également comme adversaire la responsable de relations publiques et syndicaliste qui, elle, représentait une modeste union de travailleurs manuels des hôpitaux.
Selon Vinod Seegum, les commentaires qu’il avait postés sur Facebook s’inséraient uniquement dans le cadre de sa campagne pour être élu et, selon son avocat, il est un fait connu que, “durant une telle campagne, les candidats-rivaux s’invectivent, mais sans pour autant réellement penser ce qu’ils disent les uns des autres”. Mais, rien n’y fit, la magistrate Razia Jannoo-Jaunbocus ne s’est pas laissée convaincre par cette ligne de défense.
La plaignante a relaté à la Cour le calvaire qu’elle dit avoir enduré à cause des messages désobligeants, tant dans sa vie professionnelle que familiale. Elle a affirmé avoir eu des problèmes avec son époux — lequel ne lui aurait pas adressé la parole pendant longtemps —, avec ses enfants qui devraient se marier et qui ont vu leurs plans bouleversés et, enfin, elle eu à essuyer des remarques très désagréables de certains collègues au travail.
Au final, la magistrate a conclu que la version des faits de l’enseignant-syndicaliste a été “incohérente”.Vinod Seegum avait soutenu que le compte Facebook de GTU Mauritius Educators Forum avait été créé afin de promouvoir des discussions et des échanges de nature pédagogique. Mais la magistrate n’a, elle, rien trouvé de cette nature dans les remarques désobligeantes incriminantes, mais plutôt des propos pour contrarier une adversaire.
L’actuel président de la GTU prendra connaissance de sa sentence le lundi 28 du mois courant.