Accusé d’escroquerie, Ravin, un chauffeur de taxi, a été acquitté il y a quelques jours. Il a été traduit devant la Cour de district de Mapou présidée par l’Acting Senior Magistrate Shefali Ganoo.
Selon l’acte d’accusation, Ravin a eu recours en décembre 2003 à des manoeuvres frauduleuses en vue de créer « the expectation of a success » pour soutirer Rs 60 000 d’une femme, habitant rue St-François-Xavier à Port-Louis. Le chauffeur de taxi lui aurait dit qu’il ferait le nécessaire pour l’acquisition de l’étal No B74 à la foire de Goodlands. Il aurait aussi fait une mise en scène afin d’obtenir la somme demandée. Défendu par Me Nanda Kistnen, il a plaidé non coupable.
Le dossier à charge reposait essentiellement sur la version des faits de la victime alléguée, témoin No 2, lors du procès. La Portlouisienne a indiqué qu’elle connaissait l’accusé depuis 2003 et travaillait à l’Open Fair de Goodlands. Sachant que l’étal de l’accusé était inoccupé depuis 2003, elle a entrepris des démarches pour le louer. Elle devait aussi apprendre, alors qu’elle exploitait déjà l’emplacement, que le propriétaire souhaitait le vendre. Elle a ainsi remis à Ravin Rs 60 000, étalées sur trois mensualités.
La Portlouisienne a confirmé devant la cour être en possession de tous les documents prouvant qu’elle avait bien remis Rs 60 000 au chauffeur de taxi et être au courant que l’étal appartenait en fait au frère de l’accusé. Elle a toutefois précisé ne s’être jamais rendue chez la famille du propriétaire.
Appelé dans le box des témoins, le principal enquêteur a souligné que la femme n’a jamais remis à la police un document quelconque. L’accusé a déposé sous serment lors du procès et a juré quant à la véracité de sa déposition à la police. Selon sa version, l’époux de la victime alléguée et elle-même sont venus chez son frère pour discuter à propos de l’étal. L’accusé aurait demandé à son frère de leur permettre d’utiliser son emplacement jusqu’à ce qu’il puisse travailler. Version confirmée par le frère de Ravin.
La défense a également appelé un représentant du conseil de district du Nord qui a fait état d’une vente à la criée pour un étal. De plus, la Portlouisienne n’a à aucun moment déclaré qu’elle avait acheté l’étal en question ni n’avait évoqué les Rs 60 000 remises à l’accusé.
Dans sa plaidoirie, Me Nanda Kistnen a soutenu que l’acte d’accusation n’était pas fondé en droit et que son client avait été poursuivi pour un délit qui n’existe pas dans nos lois. Il a précisé que les termes « establish the belief » et « criminally and unlawfully » n’avaient pas été mentionnés dans l’acte d’accusation. Après avoir cité le texte de loi relatif, la cour a donné raison à Me Kristen et a acquitté son client.