La magistrate Yashumatee Gopaul, siégeant en Cour de Pamplemousses, a abandonné les deux charges retenues contre un homme accusé d’avoir agressé son ancienne concubine et de lui avoir volé des bijoux. La magistrate estime que la plaignante était mal intentionnée, l’accusé, qui était son concubin, ayant refusé de contracter un « nikâh ».
L’ex-concubin était poursuivi en Cour de Pamplemousses pour le délit de vol avec violence et pour possession d’articles obtenus illégalement. Les faits se seraient produits à Terre-Rouge le 28 janvier 2012. L’accusé avait plaidé non-coupable. Lors du procès, le PC Locknauth, Main Enquiring Officer dans cette affaire, devait affirmer ne pas avoir obtenu de reçus de la plaignante concernant lesdits bijoux. De plus, une fouille effectuée au domicile de l’accusé ne devait rien révéler d’incriminant.
Le PC Rookhee, appelé à la barre des témoins, a affirmé qu’il s’était rendu au domicile de la plaignante le 28 janvier 2012. Une fois sur place, il n’a trouvé aucun signe de cambriolage, bien que les bijoux prétendument volés, mis dans une armoire, ne s’y trouvaient pas. L’ancienne concubine, quant à elle, devait affirmer en Cour qu’elle entretenait une liaison avec l’accusé et que le jour des faits allégués, elle lui avait demandé de contracter un « nikâh », ce que l’accusé aurait catégoriquement refusé. Une dispute aurait alors éclaté, moment où l’accusé l’aurait giflé, se servant même d’un couteau pour la blesser à la main. Après l’altercation, l’ex-concubin aurait pris les bijoux se trouvant dans l’armoire avant de quitter la maison. La plaignante a ajouté qu’elle était « à moitié consciente » à ce moment-là, précisant qu’elle avait dû se rendre à l’hôpital pour y recevoir des soins.  
Questionnée sur la provenance de ses bijoux, la plaignante devait affirmer que c’est son ex-mari qui les avait offerts à sa fille. Mais elle devait changer sa version quelques minutes plus tard, affirmant cette fois que les bijoux appartenaient à sa fille et elle et que quelques-uns d’entre eux leur avaient été offerts par sa mère. Concernant sa relation avec l’accusé, la plaignante rappelle qu’elle le connaissait depuis deux ans et qu’elle voulait se marier avec lui après avoir été séparée de son mari depuis plus de 11 ans. Mais son amoureux aurait refusé. Elle devait cependant concéder avoir harcelé à plusieurs reprises le frère de l’accusé car ce dernier refusait d’entendre parler d’elle. Elle aurait même lancé des ultimatums à l’accusé après son refus de contracter le « nikâh ».
Un témoin de la défense, le président d’une mosquée, devait souligner que la plaignante lui avait signalé qu’elle pourrait porter plainte contre son ancien concubin si celui-ci refusait le mariage religieux.
Dans son jugement, la magistrate a noté qu’aucun reçu des bijoux « volés » n’a été présenté en Cour. De plus, la plaignante a plusieurs fois changé de version concernant la provenance desdits bijoux. Elle devait aussi rappeler que la plaignante avait harcelé le frère de l’accusé à plusieurs reprises. De fait, la juge a décidé d’abandonner les deux charges retenues contre l’accusé.