C’est ce matin que Me Ravi Rutnah pourra finalement verser sa caution fixée à Rs 20 000. En effet, les travaux de la cour de district de la troisième division de Port-Louis, présidée par la magistrate Ida Rambarrun-Dhooky, ont pris fin vers 15 h 30, et à cette heure, la caisse est déjà fermée. La reconnaissance de dettes s’élève à Rs 100 000.
La police a instruit deux accusations provisoires contre le suspect, soit 1) dénonciation fausse et malicieuse qui aurait été faite contre John McAreavey après que l’avocat eut consigné une déposition au poste de police de la rue Pope Hennessy le 12 juin 2011 ; et 2) complot ourdi dans le but de fausser l’enquête policière. Ravi Rutnah était défendu par Mes Steve Obeegadoo et Anoup Goodary.
Lors d’une première comparution qui a eu lieu au tout début d’après-midi hier, le principe de remise en liberté conditionnelle avait été accepté par la police. Mais Me Obeegadoo a informé la cour de son intention de contester l’imposition d’une caution aussi bien que la demande d’objection to departure à travers un Prohibition Order. Ce qui fait que pour les besoins d’éventuels débats entre les parties, la présence d’un avocat du State Law Office pour représenter le State Law Office était nécessaire. La séance a dû être ajournée pour être reprise plus tard et Me Jaganaden Muneesamy a été désigné pour agir comme avocat de la poursuite. Intervenant en premier, Me Obeegadoo a rappelé qu’il avait formulé une demande de particulars concernant chacune des accusations logées. Il veut savoir si toute cette affaire ne découle pas de la déposition qu’avait donnée son client le 12 juin 2011 « by way of a pecautionary measure ». Il veut également savoir si la police réclamera deux Prohibition Orders étant donné qu’il y a deux charges contre le suspect.
Me Muneesamy a été bref dans sa réponse. Il a déclaré que la police « has reasonable suspicion to arrest the Accused party ». Pour Me Obeegadoo, la façon d’agir est au détriment de son client qui, a-t-il rappelé, est un membre du barreau, un citoyen respectable et respecté et qui n’a jamais eu de démêlés avec la police.
L’inspecteur Dieudonné, du CCID, qui est un des enquêteurs concernés par ce dossier, a été appelé à la barre des témoins par Me Muneesamy.
Dans ses réponses aux questions qui lui ont été posées, le témoin a informé la cour que John McAreavey a donné une déposition après celle du suspect, sans donner plus de précision quant à la date à laquelle l’époux de la victime a parlé à la police mauricienne. De plus, le témoin ne sait pas si l’université de Bordeaux a envoyé à la police son rapport sur les examens médicaux légaux à partir des échantillons et pièces à conviction que lui ont fait parvenir les enquêteurs locaux.
Dans son ruling, la magistrate a fait ressortir que c’est la procédure qui veut que lorsqu’une personne est arrêtée puis relâchée elle doit verser une caution. « À cela, même un membre du barreau ne peut être exempté » a-t-elle ajouté.
Quant à l’autre partie des conditions imposées par la police et que conteste le principal avocat de la défense, c’est-à-dire sur l’objection to departure, la cour, après que le suspect eut indiqué qu’il souhaite pouvoir partir à l’étranger en début de semaine prochaine, a décidé d’entendre les débats lundi après-midi.