L’Independent Commission Against Corruption a demandé à Me Roshi Badhain, l’ancien directeur des enquêtes à la commission anticorruption, de se désister en tant qu’avocat de Sunil Dowarkasing dans l’affaire Medpoint. On lui reproche d’avoir fait des déclarations à la presse sur un cas qui serait débattu devant la cour. L’homme de loi a affirmé hier devant la Cour suprême qu’il a tout à fait conscience du code d’éthique et qu’il le respecte à la lettre.
« I am well aware of the Code of Ethics and I answered very carefully to the questions », a expliqué hier Me Roshi Badhain au « bench » de la Cour suprême composé du chef juge Bernard Sik Yuen et du juge Asraf Caunhye. L’avocat a soutenu qu’il n’a jamais enfreint à la règle sur la confidentialité lors de ses échanges avec la presse. Et d’ajouter qu’un homme de loi a parfaitement le droit de parler à la presse mais qu’il y a des limites à ne pas franchir. Il a soutenu ses propos avec une copie du Code of Ethics for Barristers d’Angleterre.
Me Roshi Badhain va plus loin et avance qu’un avocat peut donner le point de vue de son client sur un cas à la presse selon la nouvelle éthique. L’homme de loi de Sunil Dowarkasing a soutenu que cette opinion pourrait par exemple venir d’un affidavit juré. Il a déclaré qu’il ne peut toutefois donner son avis sur l’affaire qui est devant la justice. Et d’expliquer que même si le nouveau Code of Ethics for Barristers lui permet de parler à la presse, « I never ever mentioned about the Icac vs Dowarkasing case in the press ».
C’est la commission anticorruption qui a formulé une plainte contre son ancien directeur des enquêteurs auprès de l’Attorney General et du chef juge. Dans une lettre, l’Attorney General Yatin Varma a affirmé que « by choosing to argue his case in a media rather in a court room », Me Roshi Badhain a amené « the legal profession into disrespute ». Le Queen’s Counsel Me Raymond d’Unienville représentant les intérêts de la commission anticorruption a expliqué que son confrère ne pouvait représenter Sunil Dowarkasing dans cette affaire à la suite de ses déclarations à la presse.
Me Gaitree Manna, Assistant Sollicitor General, s’est jointe à la motion de l’Icac en précisant que personne n’a le droit de commenter une affaire qui est débattue devant une cour de justice.
« I participated on a radio programme… It’s not the same. » Me Badhain a affirmé que ces propos sur la radio, qui ont été retranscrits, ne reflètent pas ce qu’il a dit en direct. L’avocat explique que ces propos étaient en créole et que la traduction en français n’était que des extraits de ce qu’il a dit.
Chief Justice : Is the substance correct or not ?
Me Badhain : No my Lord.
Chief Justice : Both articles ?
Me Badhain : No they aren’t correct…
Sunil Dowarkasing occupait le poste de Senior Advisor au ministère des Finances. Il a été convoqué par l’Icac pour interrogatoire dans l’affaire Medpoint. Trois lettres ont été envoyées à la commission anticorruption, notamment pour prendre connaissance de la nature de la convocation de l’ancien conseiller en communication. Aucune réponse n’a été obtenue de la troisième correspondance de l’avocat à la commission anticorruption.