Une semaine après avoir saisi la justice dans le cadre de leur contestation du Demolition order, la famille Moorar de Barkly et les Rujubali de La Butte ne sont toujours pas fixés sur leur sort. Le cas des Moorar sera entendu devant la juge Teelock lundi à 13 h 30 alors que la famille Rujubali, qui s’attendait à un dénouement jusqu’à fort tard dans l’après-midi hier, devra patienter encore. Entre-temps, le contestataire a fait servir une notice au ministère des Terres et du logement et à celui des Infrastructures publiques pour signifier son intention de loger un main case. Cette affaire se poursuivra la semaine prochaine.
À 16 heures hier, Azam Rujubali était toujours aux alentours de la Cour suprême pour voir si la juge Rita Teelock allait rendre sa décision après que son cas a été écouté jeudi. À 16 h 15, son avoué Me Kaviraj Bokhoree a confirmé qu’il faudra patienter encore. L’homme de loi, lors d’un point de presse hier, a signifié son intention de faire appel au cas où le jugement n’est pas en leur faveur. « Nous allons faire appel et nous irons même jusqu’au Privy Council », dit-il. L’avoué a réitéré son appel au bon sens du gouvernement pour donner une compensation adéquate aux familles qui sont affectées par ce projet. « On a appris que des machines sont déjà arrivées à Maurice, le gouvernement devra débourser Rs 12 M par jour car les travaux ne pourront commencer ce lundi ». Azam Rujubali a ainsi fait servir une notice aujourd’hui aux ministères concernés. Il compte loger un main case de compensation.
Squatters
Par ailleurs, la famille Moorar de Barkly, représentée par Mes Rama Valayden et Segaren Veeramundar et l’avoué Kaviraj Bokhoree, a répondu hier à l’affidavit du ministère des Terres et du Logement, qui avait soutenu qu’elle a déjà reçu un avis d’évacuation. Sharma Moorar nie catégoriquement cette information et maintient que sa famille et lui ne sont pas des squatters. Ils n’ont jamais reçu « any Notice pursuant to section 22 (3) of the State Land Act calling upon me to vacate the land in lite, which I am allegedly occupying as a squatter, within any specified delay », soutient-il. Aucun certificat du Chief Surveyor n’atteste qu’ils occupent un terrain appartenant à l’État, dit-il encore. Le ministère des Terres avait déclaré dans son affidavit logé jeudi que les contestataires ont empiété sur les terres de l’État et qu’ils avaient bel et bien reçu un avis leur faisant part de la démolition. « The issue of compulsory acquisition does not rise for applicants who have encroached on State Land and who were duly served with a notice to squatter in compliance with the law », avait précisé le ministère des Terres. Sharma Moorar soutient d’autre part qu’ils n’ont pas de résidence alternative et que leurs enfants, qui sont actuellement en plein examens du School Certificate, ne pourront être relogés dans un autre endroit. Ils seront de retour en cour lundi après-midi pour les arguments devant la juge Rita Teelock, qui probablement mettra le jugement en délibéré.
Jonathan Gafoor, qui avait logé son affidavit séparément hier au nom de son père Serge Gafoor (ce dernier étant actuellement en Angleterre), devra retourner en cour mardi matin. La juge Rita Teelock, hier après-midi, a décliné la demande d’émission d’un ordre intérimaire et a appelé les deux parties à s’expliquer mardi. Dans son affidavit logé séparément de ceux de la famille Moorar, ce building contractor évoque ses craintes quant aux travaux et estime que ses proches et lui ne pourront plus jouir du même environnement.