Les juges Saheeda Peeroo et Prithviraj Fekna siégeant en cour suprême ont tranché en faveur du Bureau du Directeur des Poursuites Publiques qui avait contesté la décision de la Bail and Remand Court d’accorder la liberté provisoire à Louis Jimmy Marthe, aussi connu sous le nom de Jimmy Colosso. Le DPP avait objecté à ce ruling sur la base qu’une fois en liberté Colosso pourrait commettre d’autres délits et prendre la fuite. Le prévenu restera ainsi en détention jusqu’à ce que son affaire soit logée en Cour.
Après que Jimmy Colosso a passé sept mois en détention suite à son arrestation dans l’affaire Gro Derek, la magistrate Seetohul de la Bail and Remand Court a finalement accédé à sa demande de remise en liberté conditionnelle le 15 avril. Mais l’inspecteur Rujub, l’enquêteur dans cette affaire, avait fait part de son objection à la remise en liberté en se basant sur quatre points : Jimmy Marthe fait l’objet d’une accusation de trafic de drogue qui peut avoir des conséquences graves, l’accusé occupe une position importante dans le trafic de drogue, il a été arrêté dans le démantèlement du réseau Gro Derek et sa remise en liberté pourrait corrompre les témoins et preuves, finalement il y a une charge d’Assault with premeditation qui pèse sur lui.
Dans son jugement, la magistrate avait souligné que la Cour doit aussi prendre en considération les risques de préjudices auxquels peuvent faire face l’accusé et ses proches si la liberté provisoire lui est refusée au cas où il est trouvé innocent à l’avenir. « After a careful analysis of all the evidence on record and bearing in mind all the principles and guidance from the Supreme Court, this court is of view that the continued detention of the applicant is not justified. Weighing on the one hand his sacrosanct right to liberty and his right to presumption of innocence as he has been constantly denying the charge and on the other hand the public interest grounds including the protection of society and administration of justice, this court is of the view that the balance tends to tilt in favour of the applicant », avait-elle soutenu. Il avait ainsi été demandé à Jimmy Marthe de verser une caution de Rs 200 000 et de signer une reconnaissance de dettes de Rs 500 000. Selon les conditions de son bail, il avait aussi été appelé à respecter un couvre feu de 20 h à 5 h et de se rendre au poste de police de sa localité une fois par jour entre 6 h et 18 h. La défense était assurée par Me Ivan Collendavelloo, Senior Counsel et Me Jenny Moteealoo alors que la poursuite est représenté par Me Kevina Poollay Mootien, Acting Senior State Counsel.
Cependant, à peine le jugement rendu, le bureau du Directeur des Poursuites Publiques a fait part de son objection à la remise en liberté provisoire et l’affaire a été référée à la Cour suprême. Dans leur jugement rendu hier, les juges Saheeda Peeroo et Prithviraj Fekna ont tranché en faveur du DPP et ont ordonné à ce que Jimmy Colosso soit maintenu en détention. L’inspecteur Rujub dans cette demande avait une fois soulevé les risque que le prévenu commette d’autres délits et le risk of absconding, entre autres. La Cour suprême a trouvé les points avancés par le DPP pour objecter à la remise en liberté de Jimmy Colosso justifiés. Elle a aussi été informée que l’enquête a déjà été bouclée et que le dossier a été référé au bureau du DPP. Les accusations formelles pourraient être logées vers la mi-octobre. « In view of the fact that the respondant is on remand since September 2012, we urge the prosecution to deal with the matter as diligently as possible », ont soutenu les juges.