A l’approche du déconfinement, de nombreux parents devant reprendre le travail ailleurs qu’à la maison auront à s’organiser pour la garde de leurs enfants. Toutefois, dans le cas où les enfants sont au primaire, un problème surgira dans beaucoup de familles : l’interruption des cours en ligne ou à la télévision.

Cette éventualité est loin d’être anodine et préoccupe déjà un bon nombre de parents qui auront à retourner au travail après le 15 mai. Cela voudrait dire qu’après un mois d’école à la maison, le travail pédagogique sera perturbé avant la reprise des classes.

« C’est au gouvernement de trouver une solution pour que les enfants ne soient pas pénalisés par la reprise du travail de leurs parents. Ces derniers devraient, par exemple être autorisés à travailler à la maison », déclare Vinod Seegum de la Government Teachers’ Union (GTU). Un écolier laissé sous la surveillance d’une baby-sitter ne s’appliquera pas de la même manière que lorsqu’il est accompagné par ses parents. Père d’une fillette, Kaitlyn, en Grade 3, Yashvin Neehaul, chercheur en océanographie, reprendra ses activités professionnelle le 18 mai. Pour l’instant, dit-il, son épouse Preeyam et lui-même poursuivent leur travail respectif de leur domicile. Toutefois, au déconfinement l’option de la garde de leur fille par ses grands-parents demeure. Mais Yashvin Neehaul reconnaît que la discipline instaurée à la maison durant le rattrapage ne sera pas la même, moins stricte, et donc relâchement en vue. Ce qui est inconcevable pour Yashvin Neehaul. Après avoir appliqué un programme bien rodé, agencé leur mode de vie de confinés avec un nourrisson sur les bras, le couple Neehaul a aussi pris conscience de l’ampleur de l’enseignement à domicile et les implications d’un encadrement pédagogique.

Cours monotones et répétitifs

S’agissant de l’accompagnement pédagogique, Chantal, mère d’une collégienne en Grade 10, et enseignante de Grade 6, raconte que des parents d’élèves ont cherché de l’aide auprès d’elle. « Ils m’ont appelée pour me demander de parler à leurs enfants qui ne voulaient pas suivre les cours et faire leurs devoirs. J’ai dû intervenir. Contrairement aux collégiens qui peuvent voir leurs enseignants via Zoom, les enfants du primaire ne sont plus en contact direct avec nous. Ils s’octroient une certaine liberté, parce qu’ils savent que les parents n’ont pas la même autorité que nous », explique Chantal. Mais Yashvin Neehaul, lui, confie qu’il n’a pas cédé aux pleurs de Kaitlyn, laquelle a fini, dit-il, par comprendre que les choses sérieuses se passaient aussi à la maison. « Et de notre côté, nous avons également acquis une discipline en appliquant et en respectant une méthode de travail », poursuit le père de la fillette. Cette dernière ne suit pas les cours à la télé, mais en ligne.

En revanche, Chantal, qui ne rate jamais les cours, surtout ceux de Grade 6 dispensés à la télé, dit noter une répétition des émissions. En effet, au bout d’un mois, les cours vont se renouveler. De nouveaux programmes sont en voie de préparation par des enseignants et le Mauritius Institute of Education. Ils seront animés par des enseignants et non présentés à travers des supports comme c’est le cas actuellement. Des enseignants indépendants ont été appelés en renfort. Selon Chantal, les enfants sont plus réceptifs à l’animation, au visuel, ce qui rend les cours moins monotones et explique la popularité des cours de sciences.

Le PSAC possible en décembre

Des pédagogues contactés sont d’avis que les examens du Primary School Achievement Certificate (PSAC) doivent être maintenus cette année. Et se faire en décembre. Le président Vinod Seegum, de la Government Teachers’ Union (GTU), partage également cette opinion et insiste même pour l’allègement du syllabus afin de permettre aux candidats d’être mieux préparés. À l’instar des enseignants qui suggèrent la révision du programme des mathématiques , « trop bulky », disent-ils, Vinod Seegum propose qu’ « on bascule les plus gros chapitres de cette matière en Grade 7 ». Et plaide pour la tenue des épreuves du PSAC en décembre prochain. De janvier et mars 2021, les nombreux jours fériés et les averses de la saison rendraient difficile l’organisation des examens.

Par ailleurs, c’est normalement durant cette présente période que les questionnaires de PSAC sont imprimés en Angleterre. Le lockdown à Maurice et la fermeture des frontières en Grande-Bretagne, pays grandement touché par le nouveau coronavirus, l’impression des papiers de PSAC est pour le moment incertaine. Pour pouvoir organiser la tenue des examens de fin de cycle du primaire à la fin de cette année, la situation sanitaire en Angleterre sera aussi déterminante.

SC-HSC: Consultations avec Cambridge pour le renvoi des examens

La crise sanitaire oblige, les examens de School Certificate (SC) et de Higher School Certificate (HSC) de Cambridge ne seront probablement pas d’actualité cette année. Les candidats devant prendre part à ces examens ont pris connaissance de la déclaration de Leela Devi Dookun Luchoomun, la ministre de l’Éducation, au sujet du renvoi à 2021 de ces épreuves, lors des travaux parlementaires, mardi dernier. D’ailleurs, le calendrier scolaire a été modifié avec la reprise des classes programmée pour le 3 août. L’année scolaire 2020 prendra ainsi fin en mars 2021. Le renvoi des examens de SC et de HSC à Maurice est en discussion avec Cambridge Assessment International Education (CAIE). Cette démarche des autorités de l’éducation n’est pas étonnante. Déjà en mars dernier, l’institution britannique avait annoncé avoir pris « the difficult decision not to run (our) international examinations in the May/June 2020 series in any country. » Si le renvoi des épreuves est confirmé, les candidats concernés auront davantage de temps pour se préparer et du coup améliorer leur performance.