Contrairement à ce que pensait l’Université de Maurice, les cours préprofessionnels en droit ne semblent pas avoir la cote. Jusqu’ici, peu de demandeurs se sont manifestés depuis l’ouverture des inscriptions, il y a presque deux semaines, un manque d’intérêt sans doute dû au fait qu’à l’issue de ce cours, les étudiants ne sont pas automatiquement admis au Bar. Le centre d’études juridiques, chargé de dispenser cette formation a été inauguré la semaine dernière.
Le centre vise à mettre au point et organiser le programme de formation et établir le mécanisme institutionnel qui permettra son fonctionnement avec la collaboration du département de droit et de gestion du bureau de l’Attorney General, de la profession légale et des consultants de l’Université de Limoges et de l’University of Nottingham Law School. La date limite pour faire part de sa candidature est le 3 décembre. À noter que la création du Council of Vocational Legal Education (CVLE) remplace le Council of Legal Education (CLE), prévu dans la Law Practitioners Amendment Act. Cette démarche vise à offrir davantage d’opportunités à ces jeunes qui souhaitent poursuivre une carrière d’avocats mais qui n’arrivent pas à être admis au Bar, les examens étant jugés trop difficiles. Cependant, contrairement aux attentes de l’Université de Maurice, ce cours n’a pas vraiment la côte.
L’une des principales raisons évoquée pourrait être le fait que bien que ce cours forme ces jeunes de façon à leur donner plus d’opportunités pour une carrière d’avocat, après cette formation ils ne seront pas nécessairement automatiquement admis au Bar. D’ailleurs, l’Université de Maurice fait ressortir sur son site web que « After completion of the Law Practioners Vocational Course, candidates will obtain a certificate from the University of Mauritius. However, in order to be classified as a qualified Attorney, Barrister or Notary, candidates will need to satisfy the requirements by the Law Practioners Amendment Act 2011. The Vocational Examinations Board, set up by the Council for Vocational Legal Education will organise and conduct the examinations as per S. 12 of the Law Practioners Amendment Act 2011. » Or, il s’avère que ces cours pré-professionels ne remplacent pas nécessairement les examens de Bar mais sont plutôt une formation pratique pour permettre aux candidats de mieux cerner les rouages du métier. À noter que ces cours seront dispensés en anglais et français se basant sur le système légal mauricien sur une durée d’un an à plein temps. Les candidats doivent être déjà détenteurs d’un LLB. Les frais d’études pour une année sont de Rs 100 000.
Le département de droit de l’UoM compte actuellement une trentaine d’étudiants en licence à temps plein et environ 25 autres à temps partiel. L’année dernière, sur 50 candidats en lice pour entrer au barreau, moins d’un tiers ont été reçus en tant qu’avocat ; sur 24 autres ayant pris part à ces examens pour devenir avoué, un seul candidat a réussi ; et sur les six qui souhaitaient embrasser une carrière de notaire, un seul y est parvenu. Le parcours pour entrer dans la profession comporte quatre étapes : l’obtention du Bachelor of Law (LLB) après trois années d’études ; une année de cours de Bar Vocational Course ; et le pupillage, qui dure une année auprès d’un aîné de la profession. Théoriquement, ce parcours dure cinq ans. La profession légale compte 61 nouveaux avocats depuis janvier de cette année.