« Il est temps que l’on arrête de dire « je crois » à propos des religions que nous sommes appelés à côtoyer dans notre vie de tous les jours. Il importe qu’on connaisse leurs croyances, leurs pratiques et leurs valeurs », fait ressortir le Révérend Eddy Cheong See, coordonnateur du Certificate in Peace and Interfaith Studies au niveau du Conseil des religions. Ce programme à temps partiel, étalé sur deux ans, est dispensé par l’Université de Maurice (UoM) en collaboration avec le Conseil des religions.
La deuxième promotion d’étudiants depuis l’existence du cours en est déjà au deuxième semestre. Le programme suscite un « vrai engouement » à en croire Eddy Cheong See d’autant qu’il y a « un vrai partage, de vraies découvertes et des interactions qui se déroulent ».
Initialement destiné aux chefs religieux, le programme reçoit finalement tant bien des étudiants intéressés à approfondir leurs connaissances en matière des cinq grandes religions, l’hindouisme, le bouddhisme, le christianisme, l’islam et le bahaïsme. Tenu deux fois la semaine, le cours comprend des cours de communication et de paix dispensés par l’UoM et la découverte des grandes religions, la résolution des conflits et l’interreligieux, assurés par le Conseil des religions.
Ce qui fait par ailleurs le succès du programme, selon le Révérend Cheong See, c’est « l’immersion dans les religions autres que la sienne. L’étudiant musulman est appelé dans le cadre de ce cours à se rendre par exemple dans un centre baha’i. Un hindou ira lui par exemple célébrer Pâques avec les chrétiens. Nous avons 16 étudiants et ils sont très enthousiastes. Il n’y a presque pas d’absents. Les découvertes et partages font que les préjugés tombent grâce à ce programme ».
Si ce cours n’est pas encore sanctionné par un diplôme, mais seulement un certificat, et n’offre pour l’heure pas à proprement parler de débouchés professionnels, l’UoM et le Conseil des religions se penchent actuellement sur l’éventualité d’un cours qui serait sanctionné par un diplôme, voire une licence. Ce qui pourrait, si le programme est couplé d’une partie sur la diplomatie et les Relations internationales, offrir des perspectives d’emploi.
Pour l’heure, le but est surtout d’« encourager le vivre ensemble. Il est grand temps que le Mauricien cesse de dire « je crois que c’est ainsi » à propos de la religion de son voisin mais qu’il connaisse les autres religions pour une meilleure compréhension de l’autre ». Ce cours vient d’autre part mettre fin aux flous et incertitudes au regard des religions à Maurice. « À l’Université, les étudiants sont appelés à aller à la source même des textes sacrés, des cultures. Ce n’est plus l’à-peu-près, mais il y a des ouvrages qui sont là pour attester ce qu’on dit. C’est vérifiable. Par exemple, en abordant l’hindouisme, on étudie les védas ».
Toujours dans cette optique d’immersion dans les religions autres que la sienne, les étudiants participeront à une visite des lieux sacrés à Maurice le 16 mars prochain. Au terme de cette activité, ils rédigeront un rapport y relatif. Alors que cette année, il est question davantage de communication et des cinq grandes religions, l’an prochain, les étudiants seront initiés aux Peace Studies et Conflict Resolutions.
À noter que le Conseil des religions a reçu le soutien de partenaires, ce qui lui permet de subventionner ce programme universitaire.