Plus que quelques semaines avant le signal de départ pour la saison hippique 2020. En attendant, pas de repos pour chevaux, jockeys, entraineurs et ceux qui les entourent afin que tout soit prêt pour le grand départ et la saison. Scope s’est rendu dans le yard de l’écurie Rameshwar Gujadhur au Champs de Mars un jeudi matin pour assister à une séance d’entraînement.

4h45, la capitale dort toujours. Il fait nuit, le soleil ne se lèvera pas avant une bonne heure. Les chevaux de l’écurie Rameswhar Gujadhur, championne 2019, sont eux bien réveillés. Alors que les palefreniers s’affairent dans le box des uns, les autres chevaux observent leurs manœuvres attendant leur tour. Ils sont une quinzaine de chevaux à avoir été déplacés vers le Champs de Mars cette semaine pour peaufiner les préparatifs. Dans les semaines qui suivront ce sont les autres coursiers qui y seront conduits. “C’est un système de rotation”, explique Dario Basset, Stable Supervisor chez l’écurie championne en titre.

En piste.

Après les vérifications d’usage au sujet de leur santé, les chevaux sont sellés et leurs harnachements sont placés sous les directives du chef palefrenier, Avilash Moogee. Certains sont emmenés dans le manège (un endroit clôturé avec du sable) où ils trottent en attendant l’arrivée des jockeys. Quelques minutes plus tard, ils sont prêts à rallier la piste. Yankee Force, Dukes Domain et Clipper Captain sont les premiers à s’y rendre. Sur leur dos, les jockeys Ally Hossain, Bhaugeerutty et Reega.

Accompagnés des palefreniers, les chevaux déambulent dans la célèbre Rue Shakespeare se mélangeant aux coursiers d’autres écuries. Quelques chats, visiblement pas effrayés par ces mastodontes, font le va-et-vient. Les chevaux traversent le paddock pour rejoindre la piste du Champs de Mars. Quelques turfistes sont présents scrutant scrupuleusement les majestueux coursiers. Quelques entraineurs sont là également, pour suivre les séances d’entrainement.

Échauffement.

À l’approche de la piste, les palefreniers se mettent de côte. Désormais, ce sont les jockeys qui prennent la main. La piste étant circulaire, la sécurité est assurée par des officiels du Mauritius Turf Club. Ils ont la tâche de s’assurer que la piste est libre avant de laisser traverser les coursiers. Certains chevaux empruntent directement la piste en sable où se font les galops et qui longe la magnifique grande piste verdoyante. Les autres passent par la petite piste située près du monument du Tombeau Malartic, histoire de poursuivre l’échauffement.

La queue bien dressée en arrière, la crinière étincelante, les coursiers trottent sur quelques tours alors que les jockeys en profitent pour faire un brin de causette. Après quoi, ils iront tour à tour courir sur la petite piste. Au programme pour les chevaux de l’écurie Rameshwar Gujadhur, une séance au canter – galop à moyenne vitesse sur environ un demi tour de piste du Champs de Mars. “Nous sommes toujours à la préparation de base. L’important c’est de ne pas bousculer les chevaux, chose que nous mettons un point d’honneur à appliquer à l’écurie”, dit Dario Basset.

10 chevaux, 10 caractères.

En solitaire ou accompagnés d’un autre cheval, les coursiers courent à une allure régulière sur les sollicitations de leurs jockeys. Le sable se dérobe sous les coups de sabots bruyants. L’image est impressionnante pendant de brefs instants, dans ce genre de gallot, les chevaux ont parfois les quatre pattes qui décollent en même temps.

Les entrainements poussés se feront dans les semaines à venir. Après cette dépense d’énergie, les voilà en route pour l’écurie. D’autres chevaux de l’écurie les remplacent sur la poste notamment les nouveaux Dynamite Jack, Rip it up et Trippi’s Express. Ce dernier sera probablement en piste dès la première journée pour défendre les couleurs de son écurie à l’occasion de la Barbé Cup.

Si le programme est sensiblement le même pour les chevaux de l’établissement – qu’ils soient nouveaux ou anciens -, certaines choses diffèrent : “Si vous avez 10 chevaux, vous aurez 10 caractères différents. Certains n’aiment pas beaucoup travailler alors que d’autres assimilent facilement le travail. Nous devons faire le maximum pour que les chevaux fassent au mieux de leur capacité lorsqu’ils seront en compétition.”

De la même manière, il y en a qui feront ce qu’on leur demande alors que d’autres seront plus récalcitrants. Pour preuve, un des chevaux d’une autre écurie donne du fil à retorde à son jockey. Malgré toutes les sollicitions de ce dernier, il refuse d’avancer. Il faudra que le jockey descende de son dos et qu’un palefrenier vienne l’aider pour que le cheval récalcitrant retrouve enfin la raison.

Bain de sable.

Il faut savoir que, pour les chevaux de courses, l’entrainement ne s’arrête pratiquement jamais. Même à la fin de la saison, le travail continue à un rythme beaucoup moins soutenu. Beaucoup vont à la plage durant la trêve : “Ce qui est très bon pour le moral d’un cheval. Ils prendront des bains d’eau salée, nageront et trotteront dans l’eau”, raconte Dario Basset. Le travail sérieux commence au début de janvier comme l’explique le Stable Supervisor. Ensuite, il évolue progressivement. “En ce moment, les entraînements se font entre à 5 à 6 jours par semaine”, précise Darion Basset. De même, la nourriture est différente à l’approche des courses. “Plus d’avoine, moins de soft feed.”

Alors qu’il fait déjà bien jour, les derniers galops sont entrepris. Les chevaux sont de moins en moins présents en piste. De retour à l’écurie, les chevaux de l’écurie Rameshwar Gujadhur passent par le manège pour un bain de sable qui leur permet de se détendre. Ensuite, direction la douche avant de rallier leur box pour un repos bien mérité … avant de remettre çà dès le lendemain.