Antoine Lopez, réalisateur, conférencier et cofondateur du Festival International de Court-Métrage de Clermont-Ferrand, est à Maurice pour animer le troisième et dernier volet de la formation en Éducation à l’image Focus Jeunes. En retraite du festival depuis trois ans, il parle de la pertinence du court-métrage et des possibilités associées.
Dans la vision d’Antoine Lopez, le festival de Clermont-Ferrand est une sorte “d’anti Festival de Cannes”, célèbre pour ses paillettes et l’argent. “J’y suis allé une fois en 1982 et je ne suis pas près d’y remettre les pieds. On dit que l’argent n’a pas d’odeur mais ça sent beaucoup l’argent là-bas. Ils ont une section court-métrage mais ce n’est pas très intéressant. Ils font payer les inscriptions, nous, nous avons un marché qui reçoit 7 000 à 8 000 films sans frais d’inscription. Les entrées sont payantes mais on a toujours voulu que l’entrée soit le plus possible ouverte à tous. Les gens peuvent prendre un abonnement à 60 euros pour 30 séances, soit 2 euros la séance.”
Associé au Festival de Clermont-Ferrand pendant 35 ans, Antoine Lopez décrit l’événement comme une manifestation atypique créée dans un ciné-club d’étudiants en 1979. “Nous n’avions alors jamais pensé qu’il deviendrait une méga-manifestation mondiale. On n’a pas voulu construire d’emblée un truc énorme, on a vraiment construit étape par étape, pierre par pierre. Les plus professionnels disent aujourd’hui que c’est le plus grand festival de courts-métrages avec de 150 000 entrées et une présence professionnelle de quelque 3 000 personnes.”
Amoureux du court-métrage depuis sa jeunesse, il ne cache pas sa préférence pour ce format qui est “moins formaté que le long-métrage”. “Il y a cette formule dans le court-métrage, que je n’aime pas beaucoup, mais qui a sa part de vérité. Elle dit que le court-métrage est un tremplin vers le long-métrage. Ce serait plus juste de dire que le court-métrage est un tremplin vers une carrière, vers une professionnalisation, l’idée de faire un métier dont on peut vivre”.