L’ultime étape du démantèlement de l’empire Rawat passe par des moments de tension. Alors que l’objectif annoncé était au moins la désignation officielle du repreneur de Courts, avec le sort d’Iframac laissé entre les mains des 298 employés, c’est de nouveau le retour à la case départ alors que le ministre des Services financiers Roshi Bhadain, prévoyait un point de presse en début d’après-midi. Dans la soirée d’hier, les discussions engageant le ministre des Services financiers, les officiels de son ministère, les représentants de la Financial Services Commission et les deux Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Mushtaq Oosman et Yogesh Basgeet, n’ont pas donné les résultats escomptés. La conséquence de ces tractations est que la reprise de discussions avec les employés d’Iframac sur les modalités de l’Employee Buy-Out a été annulée à la dernière minute. De ce fait, à la mi-journée, les 298 employés d’Iframac ont été appelés à prendre un vote secret conditionnel au sujet de cette proposition de reprise des activités de cette entité du groupe BAI. Sur le coup de 13 heures, 247 des 272 employés participant au scrutin ont appuyé la motion en faveur de la reprise par autogestion avec l’incorporation de la New Iframac Motors Ltd.
Depuis la semaine dernière, la tension est palpable dans les relations entre le ministère des Services financiers et les Special Administrators avec un délai de 48 heures imposé dans la nuit de vendredi à samedi dernier en vue de boucler le dossier de la reprise de Courts. Mais à l’expiration du délai hier, le constat est que les Special Administrators sont toujours à la recherche des dernières informations pour arrêter le choix du repreneur.
Au ministère des Services financiers, ce matin, on n’hésitait pas à parler de « tergiversations de la part des Special Administrators avec leur mandat sous l’Insolvency Act arrivant à terme incessamment ». Toutefois, une nouvelle réunion du board de la FSC, sous la présidence du secrétaire financier, Dev Manraj, a été convoquée pour cet après-midi. L’item à l’agenda est le rapport des Special Administrators sur les deux dernières soumissions de Courts Asia et du consortium mené par David Isaacs.
Au-delà de la Financial Bid, le choix du repreneur dépendra de trois autres facteurs, soit le nombre d’emplois qui seront préservés lors de la reprise des activités, le maintien de la grille salariale et des conditions d’emploi en vigueur et le temps de service des employés (Continuity of Service). Un dernier point retenu est une garantie recherchée auprès du repreneur contre tout licenciement pour raisons économiques après un laps de temps. Si le nouvel ultimatum du ministère des Services financiers est respecté, le choix du repreneur de Courts devra être avalisé lors de la réunion du board de la FSC du jour.
Pour ce qui est du cas d’Iframac, un contretemps est survenu dans le sillage des dernières difficultés notées dans le dossier de Courts. La réunion de travail d’hier soir – convenue entre les représentants des employés, accompagnés de leur négociateur, le syndicaliste de la General Workers Federation, Ashok Subron – a été annulée. Ces derniers devaient solliciter des éclaircissements sur le deal de l’Employee Buy-Out et rechercher également des garanties de la part du gouvernement pour « un soutien aux employés jusqu’au décollage de la nouvelle entreprise autogérée ».
Devant l’urgence de la situation, les représentants de l’Iframac Employees Welfare Association ont pris la décision d’aller de l’avant avec un vote secret sur ce projet d’autogestion. Depuis la fin de la matinée, un vote est pris au sein de la compagnie Iframac, les employés se prononçant s’ils sont en faveur de la formule d’Employee Buy-Out en devenant actionnaires de cette nouvelle compagnie à être incorporée pour la reprise d’Iframac ou s’ils optent pour le paiement d’une compensation prévue dans la loi et sur la base de leurs temps de service.
À la clôture de l’exercice de vote, 272 sur un potentiel de 298 ont déposé leurs bulletins de vote dans l’urne improvisée. Au fur et à mesure que le dépouillement se poursuivait, une majorité des employés se sont déclarés en faveur de l’incorporation de la nouvelle société pour relancer les opérations d’Iframac avec dans un premier temps l’accent sur les activités de Fleetmaster en attendant que le volet de la représentation des franchises de Mercedes-Benz, Mitsubishi et de Peugeot soit abordé avec les maisons mère à l’étranger.
La fin du dépouillement est intervenue sur le coup de 13 h avec seulement 25 des 272 employés optant pour le paiement de la compensation pour la rupture. Les 247 autres se sont déclarés prêts à reprendre le flambeau avec la création de la New Iframac Motors Lts.
Après le vote du jour en faveur de l’Employee Buy-out, les représentants de l’Iframac Employees Welfare Association se préparent à engager une nouvelle étape dans les discussions avec la National Insurance Company Limited et la National Property Fund Limited au sujet de la gestion des avoirs, soit les bâtiments, les équipements et les stocks d’Iframac. Cet exercice de Due Diligence devra être entrepris une fois la nouvelle compagnie incorporée, le board et le management constitués et les accords de transfert signés entre les parties concernées.