Sada Curpen, qui est accusé de complot pour porter atteinte à la vie de Denis Fine, et qui est en liberté conditionnelle, demande que l’horaire du couvre-feu que lui a imposé la cour soit revu. La motion qu’il a déposée en cour criminelle intermédiaire en ce sens a été débattue hier, sous la présidence de la magistrate Niroshni Ramsoondar. Celle-ci rendra son jugement interlocutoire le 20 juin prochain.
Assisté de Mes Yatin Varma et de Me Akil Bissessur, Curpen, qui a comme complices présumés Christophe Jérome Legrand et de Steeve Prinsley Serret, aussi appelé Polocco, a expliqué qu’il est devenu dépressif. C’est pour cela qu’il souhaite pouvoir se retrouver parmi les siens avant 19 heures, soit après l’heure à partir de laquelle il lui est interdit de sortir de chez lui.
Me Zainah Bibi Essop lui a posé une question pour savoir l’heure à laquelle rentraient ses proches de leur travail. L’accusé lui a répondu qu’ils regagnaient la maison entre 17 et 17 h 30. « Donc, vous pouvez être avec eux avant 19 h, ils peuvent venir vous voir chez vous le soir », a fait remarquer l’avocate, à quoi Sada Curpen a répondu par l’affirmative. L’avocate a rappelé les antécédents de l’inculpé, selon lesquels il s’adonnait à des opérations illégales le soir. Sada Curpen a réagi en soutenant que c’était faux de l’avancer.
La poursuite a assigné le Dr Taroonsing Ramkoosalsing, consultant en psychiatrie affecté à l’hôpital Brown-Séquard. Interrogé par Me Essop, le témoin a indiqué qu’il a examiné Sada Curpen et a produit un certificat médical qu’il a émis après cet examen. Selon ce certificat, Curpen souffrirait de dépression et d’anxiété. À une question de Me Varma, le médecin a dit qu’il a examiné le prévenu une fois dans le passé, quand il était en détention à prison de haute sécurité de La Bastille.
Appelé à la barre des témoins par ses avocats, Sada Curpen a laissé entendre que depuis que le couvre-feu lui a été imposé, il se trouve dans un état dépressif, précisant que « Mo latet fatigue ». Il a donné à la cour la garantie qu’il appliquerait toutes les conditions que décidera la cour.
L’inspecteur Ranjit Jokhoo a également déposé. Son interrogatoire était plutôt axé sur le fait que l’auteur de la motion est un citoyen français, et sur l’absence de traité d’extradition entre la France et l’île Maurice.