Photo illustration

Ils ont repris la mer lundi matin après avoir pris connaissance du message du Premier ministre, Pravind Jugnauth, vendredi dernier. Ces pêcheurs ont ainsi été surpris lorsque des éléments de la National Coast Guard (NCG) leur ont dressé une contravention pour « breach of curfew order ». Pourtant, disent-ils, un communiqué du ministère de la Pêche, émis la semaine dernière, laissait comprendre qu’ils pouvaient reprendre leurs activités après le 1er mai…

Mauvaise surprise pour des pêcheurs hier matin : alors qu’ils pensaient pouvoir reprendre leurs activités comme l’avait laissé entendre le Premier ministre vendredi dernier, ils ont eu la désagréable surprise d’être interpellés par des éléments de la NCG. L’un d’eux raconte : « J’ai entendu le Premier ministre dire à la télé que les planteurs, les pêcheurs et les planteurs de thé allaient pouvoir reprendre leurs activités. Je suis donc sorti en mer ce matin pour aller pêcher, mais j’ai été interpellé par des garde-côtes. Ils m’ont dit que je n’avais pas le droit d’aller en mer avant le 15 mai. Je n’y comprends plus rien. »

Ce dernier fait également référence à un communiqué du ministère de la Pêche, émis la semaine dernière. Il y est annoncé que les pêcheurs allaient bénéficier d’une allocation spéciale, en plus de leur allocation de mauvais temps, et que des dispositions avaient été prises pour qu’ils puissent reprendre leurs activités après l’avis de mauvais temps émis jusqu’au 1er mai. D’où l’incompréhension des pêcheurs. « J’ai essayé d’expliquer tout cela aux garde-côtes, mais ils ne voulaient rien entendre. Ils ont attaché ma pirogue avec une corde et m’ont tiré jusqu’au poste de Port-Louis comme un bandit », déplore le pêcheur.

Sollicité sur cette affaire, Judex Rampaul, du Syndicat des Pêcheurs, estime qu’il y a eu une « mauvaise communication » à ce sujet. Il fait lui aussi référence au communiqué et à la déclaration du Premier ministre, et avance qu’on aurait dû donner « plus de précisions » sur la reprise des activités. « Il faut comprendre qu’il y a trois catégories de pêcheurs, soit ceux qui pêchent au casier, à la ligne ou à la senne. On n’a pas dit si tout le monde pouvait retourner en mer ou si cela concernait uniquement les pêcheurs au casier, qui avaient fait une demande depuis le début du confinement. »

Par ailleurs, Judex Rampaul dit ne pas comprendre pourquoi on a interdit aux pêcheurs artisanaux de pratiquer leurs activités alors que ceux qui pêchent hors du lagon ont bien été autorisés à sortir à 10 ou 15 personnes sur un bateau. Il souhaite ainsi que des clarifications soient apportées à ce sujet afin que les pêcheurs puissent pratiquer des activités sans être inquiétés. « Il faut préciser qui sont autorisés à sortir en mer et faire en sorte que ceux qui doivent faire respecter l’ordre soient au courant des consignes. Il ne faut pas oublier que les pêcheurs contribuent à assurer l’alimentation de la population. »