Ces personnes qui travaillent pour le compte d’une société ou à leur propre compte n’ont pas droit à ce permis, pourtant essentiel

Nombreux sont les Mauriciens ayant fait appel aux services de garde-malades à domicile pour s’occuper des personnes handicapées ou âgées. Ces « carers » travaillent à travers des agences ou sont à leur propre compte. Ils offrent souvent un service sur rotation, soit le jour ou la nuit. Avec l’extension du couvre-feu pour 15 jours supplémentaires, ces personnes évoquent des difficultés pour assumer leurs fonctions et estiment que le gouvernement devrait trouver une solution pour qu’elles puissent continuer à offrir leurs services à ceux qui dépendent d’eux.

Beaucoup de ces personnes sont enregistrées soit à travers des sociétés permettant aux malades – qu’ils soient handicapés ou simplement âgés – de bénéficier de soins à domicile prodigués par du personnel qualifié, soit sont à leur propre compte, étant en effet dans le métier depuis longtemps (souvent des infirmiers à la retraite). « Nous nous occupons de tous les besoins du malade, que ce soit le bain, l’habillement, la nourriture, la promenade, la lecture, et même le shopping si le malade n’est pas alité », disent les concernés. Or, depuis l’annonce du confinement, assumer ces fonctions est devenu difficile, car ces personnes ne sont pas supposées quitter leur maison pour se rendre au travail, d’autant qu’elles ne disposent pas de Work Access Permit.

Ces employés estiment injuste cette absence de permis, car, selon eux, « nous offrons un service essentiel à tous les malades et personnes âgées qui ne sont pas dans des homes et qui préfèrent rester chez eux ». Le quotidien de ces personnes, soulignent ces « carers », s’en retrouve « chamboulé, car elles sont habituées à des routines spécifiques ». A noter que bon nombre des sociétés de « carers » recrutent des gens ayant suivi une formation de premiers secours (« First Aid »), mais aussi des infirmiers travaillant à temps partiel le week-end et les jours fériés. Souvent aussi, il s’agit de femmes sans emploi, mais ayant un certain bagage académique, des notions pour s’occuper de personnes malades et, surtout, du temps libre.

Une habitante de Beau-Bassin qui se rend à Rose-Hill tous les soirs pour s’occuper d’une dame âgée, et dont les enfants sont à l’étranger, explique ainsi que, durant ces 10 derniers jours, elle n’a pu se rendre au travail. « Les proches de cette dame se sont arrangés avec beaucoup de peine pour s’occuper d’elle et lui donner à manger. Mais la situation devient compliquée car cette vieille dame souffre d’Alzheimer et a donc besoin de soins spécifiques », explique notre interlocutrice, une infirmière à la retraite qui, avec d’autres personnes ayant eu la même carrière, offrent leurs services dans la région des Plaines-Wilhems.

Sa collègue, elle, raconte qu’en essayant de se rendre à son travail un après-midi, des membres des forces de l’ordre l’ont accostée. « Je m’occupe d’un handicapé non loin de chez moi. Ce jour-là, j’ai dû expliquer à la police que je me rendais chez mon neveu pour prendre des médicaments afin de ne pas avoir d’ennuis », dit-elle. Une situation inconfortable, selon elle. Comme elle, les travailleurs du secteur estiment faire également partie des « services essentiels ». Aussi lancent-ils un appel au gouvernement pour que les autorités trouvent une solution à leur problème et qu’ils puissent continuer à venir en aide à ces personnes qui dépendent d’eux.